mercredi 8 avril 2026

Iliana Xander - Love, Mom

 


Auteur : Iliana Xander
Lecteurs : Clémentine Domptail et François Hatt
Éditeur : Lizzie
Parution : 8 janvier 2026
Durée : 10 h 14 min
EAN-13 : 979-1036647444


Et si votre mère cachait un secret si sombre... qu'il pourrait vous détruire ?

Mackenzie, 21 ans, a grandi dans l'ombre de sa célèbre mère, E.V. Renge, autrice de thrillers à succès. Alors quand cette dernière meurt subitement dans un accident, Mackenzie hérite de bien plus qu'un deuil. Le jour des obsèques, elle reçoit une étrange lettre qui commence par ces mots : "Tu veux connaître un secret ? Love, Mom." Dans l'enveloppe, un extrait du journal intime de sa mère. Ce que Mackenzie y découvre la laisse en état de choc. S'ensuivent une deuxième et une troisième lettre, où s'enchaînent les révélations sordides. Mensonges. Manipulations. Meurtres. Très vite, Mackenzie comprend que sa mère n'était peut-être pas celle qu'elle croyait, et que sa renommée cache une réalité aussi dérangeante que dangereuse... Parce qu'il existe des secrets qu'on ne devrait jamais exhumer. Et des vérités pires que la mort.



Love, Mom possède une qualité incontestable : il sait captiver son lecteur. L’intrigue est bien construite, les révélations sont distillées au bon rythme et le concept de départ (ce secret maternel) est suffisamment solide pour soutenir le récit sur plusieurs centaines de pages (ou 10h14 en version audio).

Pourtant, c’est là que le roman montre ses limites. Le secret devient le seul moteur de l’histoire, et tout le reste (personnages, émotions, rythme) s’y plie. Le monde autour de Mackenzie se réduit à une fonction narrative, et la lecture, prenante sur le plan mécanique, manque d’implication émotionnelle selon moi. Les thèmes de la filiation, de la transmission et du mensonge intime sont explorés, mais sans jamais laisser place au silence, à l’inachevé ou au doute, éléments qui auraient pu enrichir le récit.

Les révélations s’enchaînent tout au long de l’histoire : certains rebondissements m’ont agréablement surprise, d’autres m’ont paru plus prévisibles. J’ai parfois le sentiment que ce type de roman repose sur des ficelles déjà bien connues. Ce n’est pas forcément un défaut en soi, mais plutôt une question de sensibilité : après avoir lu un certain nombre d’ouvrages de ce genre, j’en devine les procédés.

La version audio apporte une dimension intéressante : la narration, claire et posée, permet de suivre facilement le récit et donne vie aux émotions de Mackenzie. Le rythme soutenu de l’écoute renforce le suspense et certaines nuances, comme les hésitations ou les silences, gagnent en intensité grâce à la performance vocale. Cela rend l’expérience agréable, même si le texte lui-même reste parfois trop cadré.

En fin de compte, Love, Mom est un thriller maîtrisé et efficace, calibré pour séduire. Néanmoins, cette maîtrise constitue aussi sa limite : le roman ne prend jamais de risques, ne se salit jamais les mains, alors qu’une histoire de secrets toxiques aurait pu gagner en intensité et en profondeur. On ressort convaincu par la mécanique narrative, mais moins touché par l’expérience humaine qu’elle prétend raconter.

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Lizzie pour m’avoir permis de découvrir ce roman via la plateforme NetGalley.

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