Auteur : Hubert
Dessinateur : Gaëlle Hersent
Éditeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Parution : 16 octobre 2019
Pages : 96
EAN-13 : 978-2302077782
EAN-13 : 978-2302077782
En ces temps fort lointains habitait dans la ville de Solidor Illian, jeune apprenti sculpteur. Son habileté ravissait l'impitoyable Maître Koppel, délesté ainsi de la plupart des tâches de sculpture. Les habitants de Solidor avaient développé une passion pour les oiseaux exotiques, et chaque maison comportait au moins une cage en bois, avec au moins un oiseau. Les écouter enchantait Illian. Un soir, tandis qu'il fignolait un petit rossignol sculpté dans un rebut de bois, Maître Koppel surgit, furieux, avant d'être apaisé par sa fille, émerveillée par la sculpture.
Une sculpture dont ils étaient, à cet instant, loin d'imaginer les répercussions sur toute la ville...Il y a des bandes dessinées que l’on ouvre par curiosité et que l’on referme avec cette sensation rare d’avoir découvert un petit trésor. Le Boiseleur fait clairement partie de celles-là. Conseillé par une collègue de médiathèque (merci à elle pour cette magnifique recommandation) ce premier tome a été une très belle découverte, à la hauteur de l’admiration que je porte depuis longtemps au travail de Hubert.
Avec Les mains d’Illian,
Hubert nous plonge dans la ville imaginaire de Solidor, où les habitants vouent
une fascination presque obsessionnelle aux oiseaux exotiques. Illian, jeune
apprenti sculpteur exploité par son maître, fabrique des cages et rêve d’autre
chose. Lorsqu’il sculpte un oiseau de bois d’un réalisme troublant, le récit
bascule peu à peu dans une fable douce-amère, entre merveilleux, critique
sociale et réflexion écologique.
Ce qui me touche toujours
autant chez Hubert, c’est sa capacité à écrire des contes accessibles en
apparence, mais traversés par des thèmes profondément humains. Derrière la
beauté du récit, cet ouvrage parle d’exploitation, de désir de possession, de
rapport à la nature et même de consumérisme. Rien n’est asséné : tout passe par
la délicatesse du récit et par cette mélancolie discrète qui semble habiter
chacune de ses œuvres.
Visuellement, le travail de
Gaëlle Hersent est absolument somptueux. Les planches ressemblent parfois à des
illustrations de vieux livres de contes, avec des couleurs feutrées et des
scènes pleine page qui donnent au récit une atmosphère hors du temps. L’objet-livre
lui-même est magnifique.
J’ai aussi aimé cette manière
qu’a Hubert de mêler tendresse et cruauté. Le récit paraît lumineux, presque
naïf par moments, puis laisse apparaître quelque chose de plus amer, de plus
lucide. C’est précisément ce mélange qui rend ses histoires si marquantes. On
retrouve ici ce talent de conteur que j’avais déjà tant aimé dans LesOgres-Dieux ou Peau d'Homme.
Le Boiseleur est une bande
dessinée qui prend son temps, qui émerveille autant qu’elle questionne. Il s’agit
d’une lecture à savourer lentement, portée par un univers riche et une poésie
qui continue de résonner longtemps après la dernière page. Une très belle
découverte, donc, et une nouvelle preuve (s’il en fallait encore une) du talent
immense du très regretté Hubert.



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