samedi 16 mai 2026

Hubert et Gaëlle Hersent - Le Boiseleur, Tome 1 : Les mains d'Illian

 

Auteur : Hubert
 Dessinateur : Gaëlle Hersent
Éditeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Parution : 16 octobre 2019
Pages : 96
EAN-13 : 978-2302077782



En ces temps fort lointains habitait dans la ville de Solidor Illian, jeune apprenti sculpteur. Son habileté ravissait l'impitoyable Maître Koppel, délesté ainsi de la plupart des tâches de sculpture. Les habitants de Solidor avaient développé une passion pour les oiseaux exotiques, et chaque maison comportait au moins une cage en bois, avec au moins un oiseau. Les écouter enchantait Illian. Un soir, tandis qu'il fignolait un petit rossignol sculpté dans un rebut de bois, Maître Koppel surgit, furieux, avant d'être apaisé par sa fille, émerveillée par la sculpture.
Une sculpture dont ils étaient, à cet instant, loin d'imaginer les répercussions sur toute la ville...



Il y a des bandes dessinées que l’on ouvre par curiosité et que l’on referme avec cette sensation rare d’avoir découvert un petit trésor. Le Boiseleur fait clairement partie de celles-là. Conseillé par une collègue de médiathèque (merci à elle pour cette magnifique recommandation) ce premier tome a été une très belle découverte, à la hauteur de l’admiration que je porte depuis longtemps au travail de Hubert.

Avec Les mains d’Illian, Hubert nous plonge dans la ville imaginaire de Solidor, où les habitants vouent une fascination presque obsessionnelle aux oiseaux exotiques. Illian, jeune apprenti sculpteur exploité par son maître, fabrique des cages et rêve d’autre chose. Lorsqu’il sculpte un oiseau de bois d’un réalisme troublant, le récit bascule peu à peu dans une fable douce-amère, entre merveilleux, critique sociale et réflexion écologique.

Ce qui me touche toujours autant chez Hubert, c’est sa capacité à écrire des contes accessibles en apparence, mais traversés par des thèmes profondément humains. Derrière la beauté du récit, cet ouvrage parle d’exploitation, de désir de possession, de rapport à la nature et même de consumérisme. Rien n’est asséné : tout passe par la délicatesse du récit et par cette mélancolie discrète qui semble habiter chacune de ses œuvres.

Visuellement, le travail de Gaëlle Hersent est absolument somptueux. Les planches ressemblent parfois à des illustrations de vieux livres de contes, avec des couleurs feutrées et des scènes pleine page qui donnent au récit une atmosphère hors du temps. L’objet-livre lui-même est magnifique.

J’ai aussi aimé cette manière qu’a Hubert de mêler tendresse et cruauté. Le récit paraît lumineux, presque naïf par moments, puis laisse apparaître quelque chose de plus amer, de plus lucide. C’est précisément ce mélange qui rend ses histoires si marquantes. On retrouve ici ce talent de conteur que j’avais déjà tant aimé dans LesOgres-Dieux ou Peau d'Homme.

Le Boiseleur est une bande dessinée qui prend son temps, qui émerveille autant qu’elle questionne. Il s’agit d’une lecture à savourer lentement, portée par un univers riche et une poésie qui continue de résonner longtemps après la dernière page. Une très belle découverte, donc, et une nouvelle preuve (s’il en fallait encore une) du talent immense du très regretté Hubert.



mercredi 13 mai 2026

Aude Ziegelmeyer - Peau d'âme, Tome 2 : Les braises de la reine


Auteur :
Aude Ziegelmeyer
Éditeur : Gulf Stream
Parution : 16 octobre 2025
Pages : 504
EAN-13 : 978-2383495154



Son identité dévoilée à Margot, Cendre et Roland, Blanche est déterminée à sauver son peuple, les Roncevallois, et à empêcher la montée au pouvoir d'un nouveau tyran. Pour cela, elle doit s'opposer à Armand, prince d'Aragos. Et le temps presse, car la mère de ce dernier, Isabelle Meslay, organise un grand bal masqué pour que son fils choisisse sa reine. Or, il se trouve qu'Agnès, héritière désignée du Roncevaux, serait la favorite...
Les quatre compagnons comptent bien s'infiltrer dans le palais de celle que l'on surnomme la Rose-Rouge pour révéler son machiavélisme et se rapprocher de potentielles alliées. Si Blanche est prête à tout sacrifier pour que le Roncevaux ne passe pas aux mains de cette famille ennemie, la route jusqu'en Aragos sera longue et périlleuse. L'occasion pour elle de se rapprocher de Cendre...
Mais un avenir commun est-il seulement possible entre un fou aux étranges visions et une princesse dont le cœur abrite une bête furieuse ?


Après avoir beaucoup apprécié le premier tome, j’étais très curieuse de découvrir ce que réservait Les braises de la reine. Et autant le dire tout de suite : ce second tome m’a tout aussi convaincue.

On retrouve Blanche, Cendre, Margot et Roland dans une intrigue qui gagne en intensité et en noirceur. Les enjeux politiques prennent davantage de place, les tensions deviennent plus fortes et le récit avance avec cette impression constante que tout peut basculer à n’importe quel moment.

Toutefois, ce qui a vraiment fait la différence pour moi dans ce second volet, c’est Cendre.
Déjà intriguant dans le premier tome, il devient ici de loin mon personnage préféré. Le Fou est fascinant : imprévisible, mélancolique, parfois inquiétant, parfois d’une douceur désarmante. Chaque apparition de Cendre apporte quelque chose de fort au récit et j’ai adoré voir son personnage prendre autant d’ampleur. C’est clairement lui qui m’a le plus marquée dans cette lecture.
Sa relation avec Blanche évolue également de manière très intéressante. Rien n’est simple entre eux. C’est justement ce qui rend leurs échanges aussi prenants. J’ai aimé cette tension permanente, cette ambiguïté émotionnelle qui traverse tout le roman.

Aude Ziegelmeyer continue aussi de jouer avec les codes du conte pour proposer une fantasy sombre et immersive. Derrière les éléments merveilleux, il est question de pouvoir, d’apparences, de violence et de liberté. L’univers gagne en profondeur dans ce tome, tout comme les personnages.

Le rythme est maîtrisé. Les révélations s’enchaînent naturellement, les émotions sont plus fortes et plusieurs scènes m’ont réellement touchée.

De plus, j’ai eu la chance de rencontrer Aude Ziegelmeyer au festival Ouest Hurlant. C’est toujours très agréable de pouvoir échanger avec une autrice après avoir découvert son univers, surtout quand celui-ci nous embarque autant.

Finalement, Les braises de la reine est dans la continuité du premier tome. Plus intense, plus émotionnel et porté par un Cendre absolument inoubliable. Une très belle conclusion à cette duologie fantasy française.

mercredi 6 mai 2026

Emma Green - Si les étoiles se taisent

 

Auteur : Emma Green
Lecteurs : Rachel Arditi et Clément Corinthe
Éditeur : Lizzie
Parution : 4 février 2026
Durée : 9 h 41 min
EAN-13 : 979-1036642845


Sur l’île de Skye, le danger rôde. Parfois, il dort même dans la maison d’à côté.

À tout juste 24 ans, Astrée débarque de Paris pour disperser les cendres de son mari sur sa terre natale, la mystérieuse île de Skye. En exauçant la dernière volonté de James, la Française va découvrir un monde qu’elle ne soupçonnait pas. Un petit village écossais battu par les vents, où tout le monde se connaît, s’épie, s’accuse. Des disparitions qui inquiètent. Des silences qui durent. Des rumeurs qui grondent. Et cet homme taciturne qu’elle a désormais pour voisin.
On dit qu’Otis MacKay a tué sa femme, on dit qu’il n’a plus un seul ami, on dit qu’il faut l’éviter. Mais Astrée a-t-elle déjà écouté ce qu’on lui disait ? Pour mener son enquête, elle va se rapprocher de celui qu’elle croit capable du pire, aussi sombre et insaisissable que le papillon noir qu’il s’est tatoué sur le cœur.
Au milieu des falaises perchées dans la brume, elle va devoir déterrer des vérités qui font mal et regarder toutes ses certitudes s’envoler…

Et si c’était elle, le papillon de nuit destiné à mourir avant le petit matin ?



Je ne suis pas une grande adepte de romance, alors je ne savais pas trop à quoi m’attendre en découvrant ce premier roman d’Emma Green. Et pourtant, j’ai été agréablement surprise.

L’histoire m’a rapidement embarquée, notamment grâce à son atmosphère un peu sombre et mystérieuse. On est loin d’une romance classique : il y a une tension tenue, presque un côté thriller, qui donne envie de continuer encore et encore. Les secrets, les non-dits et l’ambiance un peu oppressante apportent une dimension supplémentaire qui m’a vraiment plu.

Côté personnages, j’ai apprécié leur traitement. Ils ne sont pas immédiatement attachants ni totalement lisibles, ce qui les rend d’autant plus intéressants à suivre.
Astrée évolue au fil du récit, entre fragilité et détermination, tandis qu’Otis reste longtemps difficile à cerner, presque déroutant. Cette part de mystère autour de lui nourrit autant la tension que l’intrigue elle-même, et les relations, marquées par de nombreux non-dits, renforcent encore cette ambiance trouble.

La romance, elle, se construit lentement. Le côté slow burn est bien dosé, sans être envahissant, ce qui fait que même en n’étant pas fan du genre, cela ne m’a pas dérangée. Au contraire, cela rend les émotions plus crédibles et l’histoire plus immersive.

En version audio, l’expérience est prenante. On se laisse facilement porter par le récit et par cette ambiance particulière, presque cinématographique.

Tout n’est pas parfait. Certaines situations peuvent sembler un peu exagérées et la fin donne surtout envie d’avoir la suite sous la main immédiatement. Néanmoins, c’est globalement une très bonne découverte.
Comme quoi, même quand on n’est pas romance, on peut se laisser surprendre, surtout quand une intrigue plus sombre vient enrichir le tout.

samedi 2 mai 2026

Shari Lapena - Une jeune fille sans histoires

 

Auteur : Shari Lapena
Lecteurs : Léovanie Raud, Charlotte Campana et Pierre-Henri Prunel
Éditeur : Lizzie
Parution : 22 janvier 2026
Durée : 7 h 42 min
EAN-13 : 979-1036648182


Fairhill est une petite ville calme du Vermont. Les parents savent que leurs enfants rentreront sains et saufs de l'école ou du vieux cimetière où les adolescents se réunissent pour se raconter des histoires de fantômes. Pourtant, ce soir-là, Diana Brewer ne dort pas paisiblement dans son lit.
Elle repose dans un champ des alentours, sauvagement assassinée... Qui, à Fairhill, a pu s'en prendre à cette jeune fille aimée de tous ? La paranoïa s'empare bientôt de la ville. On verrouille les portes à double tour et les habitants de la petite communauté rurale s'espionnent derrière leurs rideaux... Tous suspects, ils ne pourront échapper à une question implacable : Qu'ont-ils fait ?



Avec Une jeune fille sans histoires, Shari Lapena propose un thriller domestique qui repose sur une mécanique bien rodée : une petite ville en apparence tranquille, un crime brutal et une enquête qui met progressivement au jour les secrets des habitants.
 
L’intrigue est construite de façon efficace, avec un enchaînement de points de vue et de fausses pistes qui maintiennent l’attention. Je n’avais personnellement pas vu le dénouement arrivé.
 
Cependant, malgré cette solidité narrative, je ne me suis pas vraiment sentie investie dans l’histoire. Les personnages restent globalement en surface et il est difficile de créer un attachement ou une réelle implication émotionnelle. On suit l’enquête avec curiosité, mais sans être pleinement happé par les enjeux.
 
En version audio, l’écoute est agréable et bien rythmée. Les voix contribuent à donner du dynamisme au récit et facilitent la compréhension des différents points de vue. Cela rend l’ensemble fluide, même si cela ne suffit pas forcément à compenser un certain manque d’intensité émotionnelle.
 
Au final, c’est un thriller efficace et divertissant, qui se laisse écouter facilement, mais qui laisse une impression un peu distante malgré un twist final plutôt réussi.

mercredi 29 avril 2026

Vincent Le Bars et Stefano Zanchi - Les Utopistes, Tome 1 : Tlaloc


Auteur : Vincent Le Bars
Dessinateur : Stefano Zanchi
Éditeur : Dupuis
Parution : 30 janvier 2026
Pages : 88
EAN-13 : 978-2808503389


Alexandre Desvereaux, le plus célèbre des aventuriers, véritable star du Net, a découvert le moyen d'accéder à ces territoires perdus grâce aux portails-miroirs, de mystérieuses structures cachées à travers le globe qui permettent d'accéder instantanément à ces endroits magiques.

Mais cette découverte attise la convoitise de richissimes collectionneurs qui envoient des mercenaires y piller le moindre vestige, sans aucun égard pour l'héritage de l'humanité.

Mystérieusement disparu depuis un an, Desvereaux laisse derrière lui son épouse, inventrice et ingénieure de génie, et sa fille Aurore, une ado opiniâtre et débrouillarde qui ne peut se résigner à la disparition de son père.
Prenant son courage à deux mains, avec un groupe de gamins de son école, Aurore va se lancer au secours d'Alexandre. Et comme le dit son savant de copain Medhi : « L'utopie, c'est tout faire pour rendre l'impossible possible ! »
Autoproclamée les Utopistes, la bande de gamins va devoir braver mille dangers pour accomplir son destin, à commencer par affronter un terrible dieu aztèque...



Avec Les Utopistes, Tome 1 : Tlaloc, le scénariste Vincent Le Bars et le dessinateur Stefano Zanchi lancent une nouvelle série jeunesse ambitieuse, à mi-chemin entre aventure fantastique et récit initiatique. Autant le dire d’emblée : ce premier tome pose des bases solides… même s’il n’est pas exempt de défauts.

L’idée de départ est particulièrement séduisante : un monde quasi identique au nôtre où les mythes, légendes et divinités existent réellement, accessibles via des mystérieux “portails-miroirs”. Ce premier volume nous embarque ainsi dans une chasse à l’homme teintée de merveilleux, sur fond de disparition inquiétante et d’enjeux liés à la préservation du patrimoine mythologique.

Au cœur du récit, on suit Aurore, adolescente déterminée à retrouver son père, célèbre aventurier disparu. Accompagnée d’une bande de camarades hauts en couleur, elle forme un groupe attachant qui incarne des valeurs positives : entraide, courage, acceptation des différences. Ce côté “team de jeunes héros” fonctionne bien, notamment grâce à des personnalités complémentaires qui dynamisent l’histoire.

Visuellement, l’album est plutôt une réussite. Le trait de Zanchi est vif, moderne, presque “animé” dans son énergie. Les scènes d’action débordent de mouvement et les univers explorés (ici inspirés de la mythologie aztèque avec la figure de Tlaloc) apportent un vrai dépaysement.

Cependant, tout n’est pas parfait. Le rythme très soutenu, voire précipité, peut parfois nuire à la lisibilité. Certaines séquences s’enchaînent rapidement, au point de perdre un peu le lecteur, notamment dans les scènes d’action ou les transitions narratives. On peut même avoir une impression de confusion, liée à une mise en scène parfois trop chargée.

Malgré ces petites faiblesses, ce premier tome reste une entrée en matière efficace. Il parvient à installer un univers riche, à la fois ludique et porteur de sens, tout en donnant envie de découvrir la suite. Destinée avant tout à un public jeunesse, la série peut néanmoins séduire un lectorat plus large grâce à son concept original et son souffle d’aventure.

En résumé : un début prometteur, énergique et imaginatif, qui gagnera sans doute en fluidité dans les tomes suivants. Une bande dessinée à suivre de près, surtout si vous aimez les récits mêlant mythologie, action et esprit d’équipe.

samedi 25 avril 2026

Fred Van Lente et Tom Fowler - Histoire du jeu de rôle en bande dessinée

 

Auteur : Fred Van Lente
Dessinateur : Tom Fowler
Éditeur : Humanoïdes Associés
Parution : 4 février 2026
Pages : 104
EAN-13 : 978-2731606089


Des dés antiques à Donjons & Dragons, l’épopée du jeu de rôle racontée en BD.

Des jeux de stratégie de l’Antiquité et du Moyen Âge aux wargames de la Révolution industrielle et à leur influence durable, jusqu’à l’explosion de Donjons & Dragons, le jeu de rôle a connu une évolution fascinante. Entre polémiques comme la "Satanic Panic" et diversification des univers (horreur, science-fiction, espionnage, super-héros), il n’a cessé de se réinventer. L’arrivée de l’informatique, l’émergence du cyberpunk et des mondes virtuels ont marqué une nouvelle ère, menant à un renouveau spectaculaire porté par Magic: The Gathering, les actual plays et l’impact culturel mondial de Dungeons & Dragons. Une fresque riche et documentée, qui retrace l’ascension du jeu de rôle en tant que phénomène ludique et universel.



Cet ouvrage propose une plongée ambitieuse dans l’histoire du jeu de rôle, en remontant bien avant l’apparition du jeu tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il débute ainsi par un panorama des pratiques ludiques à travers les âges : des jeux de dés de l’Antiquité aux jeux de stratégie liés aux grandes périodes historiques, comme les conquêtes napoléoniennes ou la guerre de Sécession. Une entrée en matière dense, qui permet de comprendre que le jeu, bien avant d’être un loisir moderne, est profondément ancré dans les sociétés humaines.

Le récit s’accélère dans les années 1970 avec l’essor du jeu de rôle, porté par Donjons & Dragons, qui introduit une nouvelle manière de jouer fondée sur la narration, la liberté et la collaboration.
Les années 1980 marquent ensuite un âge d’or, avec une grande diversité d’univers comme L’Appel de Cthulhu, Marvel Super Heroes ou Cyberpunk. L’ouvrage suit cette évolution jusqu’à aujourd’hui, en évoquant son influence sur les jeux vidéo et la culture populaire, notamment grâce à Stranger Things.
Il rappelle aussi que le jeu de rôle, malgré son succès, a longtemps été critiqué et mal compris.

À titre personnel, ma découverte du jeu de rôle s’est faite assez tardivement, notamment grâce à la série Aventures du Joueur du Grenier, qui m’a offert une première porte d’entrée accessible et ludique. Depuis, mon intérêt n’a cessé de grandir, nourri par des œuvres comme Baldur’s Gate 3, la série Stranger Things, The Legend of Vox Machina ou encore La Bonne Auberge. Autant de formats différents qui témoignent de la richesse et de la vitalité du jeu de rôle aujourd’hui et qui ont progressivement renforcé mon attrait pour cet univers.

À la lecture, l’ouvrage impressionne par sa richesse… peut-être même un peu trop. La densité d’informations est telle qu’elle peut rendre l’ensemble exigeant, surtout pour les néophytes. À l’inverse, les rôlistes aguerris ou les nostalgiques des années 80 y trouveront une mine de références et d’anecdotes. Comme toute bonne encyclopédie, il se savoure sans doute mieux par fragments, en prenant le temps d’assimiler chaque partie.

Malgré cette densité, la promesse est largement tenue. Le livre offre une exploration fascinante d’une culture alternative, en retraçant le parcours de ses créateurs, ses influences littéraires et cinématographiques, ainsi que ses liens étroits avec les évolutions de la société. Le tout est porté par le travail de Fred Van Lente et Tom Fowler, dont l’approche mêle pédagogie et humour.

Les dessins, justement, jouent un rôle essentiel : expressifs, parfois caricaturaux, ils parviennent à rendre accessibles des concepts complexes et à illustrer des anecdotes souvent savoureuses. Ils apportent une légèreté bienvenue à un contenu par ailleurs très dense.

Finalement, cette bande dessinée s’impose moins comme une simple introduction que comme un vaste panorama historique et culturel du jeu de rôle. À la fois documentée et passionnée, elle célèbre une pratique longtemps marginale mais qui a profondément influencé notre imaginaire contemporain. Une lecture exigeante, certes, mais précieuse pour quiconque s’intéresse à la puissance du jeu comme forme de récit et de partage.

mercredi 22 avril 2026

Christian Jolibois - La petite poule qui voulait voir la mer

 

Auteur : Christian Jolibois
Lecteur : André Dussollier
Éditeur : Lizzie
Parution : 6 décembre 2018
Durée : 13 min
EAN-13 : 979-1036603242


"Pondre, toujours pondre! Il n'y a pas que ça dans la vie! Moi, je veux voir la mer!" s'écrie Carméla, la petite poule blanche. Son père, le coq, n'a jamais rien entendu d'aussi fou. "File au nid", ordonne-t-il à la poulette. Mais Carméla n'arrive pas à s'endormir...



J’ai écouté La petite poule qui voulait voir la mer avec mes enfants de 5 et 8 ans et l’expérience a été un peu contrastée.

La narration est vraiment de qualité : la voix est agréable, expressive et les bruitages apportent une immersion sympa. Mon aînée a bien accroché à l’histoire, qu’elle a trouvée drôle et facile à suivre et contrairement à ce que je pensais, la durée lui a paru suffisante.

En revanche, mon plus jeune est resté assez peu attentif. Je pense que le format audio seul demande un peu plus de concentration et, sans les images, il a eu du mal à rester dedans du début à la fin.

L’histoire en elle-même est mignonne, avec un joli message sur la curiosité et l’envie de découvrir, mais elle reste assez simple, ce qui est parfait pour sa compréhension par mes enfants.

Au final, je dirais que c’est un bon petit livre audio, surtout pour les enfants qui aiment écouter des histoires et arrivent à rester concentrés. Pour les plus jeunes ou ceux qui ont besoin de visuel, cela peut être un peu plus compliqué.

Je remercie les éditions Lizzie pour m’avoir permis de découvrir ce livre audio via la plateforme NetGalley.