samedi 4 avril 2026

Toni Galmés - Le Démon de l'hiver

 


Auteur / Dessinateur : Toni Galmés
Éditeur : Delcourt
Parution : 22 janvier 2026
Pages : 37
EAN-13 : 978-2413092803


Quand l’imagination d’une petite fille prend le pouvoir, cela donne un récit jeunesse doux, sensible et terriblement attachant imaginé par le dessinateur Toni Galmés, qui réchauffera les plus endurcis en plein hiver.

Une petite fille et sa maman, toutes les deux réfugiées d’un pays lointain, viennent vivre « de l’autre côté du monde », un autre côté qui ressemble à la France. Elles débarquent en plein hiver et vont habiter chez une vieille dame qui les accueille et leur dit de rentrer « car il fait un froid de démons, dehors ». Il n’en faudra pas plus pour que notre petite héroïne en croise un pour de bon.


Le Démon de l’hiver est une bande dessinée jeunesse qui s’inscrit dans cette catégorie de récits courts où la simplicité narrative sert avant tout une intention émotionnelle. À travers l’histoire d’une petite fille déracinée, confrontée à un environnement froid et inconnu, Toni Galmés propose une fable douce sur l’exil, l’adaptation et la capacité de l’imaginaire à transformer la réalité.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la délicatesse du ton. Le sujet – l’arrivée dans un pays étranger – aurait pu donner lieu à un récit plus frontal ou dramatique. Or, l’auteur choisit une approche tout en retenue. La rencontre avec le petit démon agit comme une métaphore évidente mais efficace : cette créature, à la fois étrange et attachante, incarne autant la peur de l’inconnu que la possibilité d’apprivoiser ce qui semblait menaçant. Progressivement, la relation qui se tisse entre l’enfant et le démon devient le cœur du récit, transformant l’hiver en terrain d’exploration plutôt qu’en espace d’isolement.

Graphiquement, l’album est sans doute ce qui marque le plus durablement. Le style de Toni Galmés, avec ses couleurs douces et ses textures proches de l’aquarelle, installe une atmosphère feutrée, presque silencieuse. Les paysages enneigés ne sont jamais hostiles ; ils sont enveloppants, parfois mélancoliques, mais toujours empreints d’une certaine chaleur. Les personnages, aux traits simples et expressifs, renforcent cette accessibilité émotionnelle, notamment pour un jeune public.

Cependant, cette même simplicité constitue aussi la principale limite de l’ouvrage. Le récit est très court et volontairement épuré, ce qui peut laisser une impression d’inachevé, en particulier chez les lecteurs adultes. Certains thèmes – l’exil, la solitude, l’intégration – sont esquissés plutôt que véritablement développés. On sent qu’ils sont là, en filigrane, mais ils ne sont jamais approfondis de manière complexe. Ce choix n’est pas une faiblesse en soi, mais il oriente clairement l’album vers un public jeune ou vers une lecture contemplative plutôt qu’analytique.

En définitive, Le Démon de l’hiver est une œuvre qui privilégie l’émotion et l’atmosphère à la densité narrative. C’est une lecture courte mais sincère, qui fonctionne particulièrement bien comme première approche de thèmes sensibles pour des enfants. Pour un lecteur adulte, l’intérêt résidera surtout dans la beauté graphique et dans la subtilité du message, plutôt que dans la richesse du scénario.

Une bande dessinée poétique, accessible et touchante, idéale pour une lecture calme, mais qui peut laisser sur sa faim si l’on attend un récit plus développé ou plus ambitieux.

mercredi 1 avril 2026

Lola Koenig - La Déesse des Neiges


Auteur / Dessinateur : Lola Koenig
Éditeur : Humanoïdes Associés
Parution : 4 février 2026
Pages : 70
EAN-13 : 978-2731628845


Le voyage d’Ida, au cœur des glaces, où seule la bonté peut triompher des ténèbres.

Pour se sauver d’un mal étrange, Ida part à la rencontre des Vallons. Accompagnée par Fox, un vieux trappeur bourru, et par Aïko, enfant au cœur pur, elle découvrira l’origine de l’hiver éternel…
Une fable glacée où la bravoure rencontre la compassion. Pour sauver sa vie, Ida s’élance vers les mystérieux Vallons du Grand Nord. Entre tempêtes, brigands, loups et êtres fabuleux, elle découvre, avec Fox et Aïko, que l’hiver est le fruit de la souffrance d’une déesse mutilée. Face à l’agonie de cette créature, Ida comprend que l’issue ne réside pas dans la violence mais dans l’empathie. Ce choix bouleversera son destin et celui du monde.



Je remercie la maison d'édition  de m'avoir l'opportunité de lire cette adaptation via la plateforme .Je remercie les éditions Les Humanoïdes Associés pour m’avoir permis de découvrir La Déesse des neiges de Lola Koenig via NetGalley.

Dès le début, j’ai été plongée dans un univers glacé, figé dans un hiver sans fin. On suit Ida, une jeune fille courageuse qui part en quête d’un remède pour se sauver. Sur le chemin, elle fera la rencontre de Fox, un trappeur assez mystérieux et d’Aïko, un enfant plein de lumière. J’ai trouvé leur trio vraiment attachant, chacun apportant quelque chose à l’histoire.

Ce que j’ai le plus aimé, c’est que l’histoire ne repose pas sur un combat classique entre le bien et le mal. Au contraire, on découvre peu à peu qu’il y a une raison plus profonde à cet hiver éternel et que tout tourne autour de la souffrance et de la compréhension des autres. J’ai trouvé ce message vraiment fort.

Côté dessin, j’ai beaucoup aimé le style. Les traits sont simples et doux, presque comme dans un conte pour enfants, mais ça fonctionne très bien avec l’ambiance. Les paysages enneigés sont magnifiques et donnent une impression de calme, même si l’histoire peut être parfois un peu triste.

Au final, j’ai trouvé que La Déesse des neiges est une bande dessinée à la fois belle et émouvante. Elle parle de thèmes importants comme la douleur, la guérison et l’empathie, sans jamais être lourde.
C’est une lecture que je recommande, surtout si on aime les histoires poétiques et un peu différentes.

samedi 28 mars 2026

Ana Huang - Gods of the Game, Tome 1 : The Striker

 

Auteur : Ana Huang
Lecteurs : Eva Giménez et Soffiene Mourid
Éditeur : Lizzie
Parution : 7 janvier 2026
Durée : 17 h 03 min
EAN-13 : 979-1036642524

Elle est la seule femme qu'il désire... et la seule qu'il ne peut pas avoir.

Asher Donovan est une légende vivante du football, et selon certains, le meilleur joueur du monde du moment.

Mais ses actions irresponsables et son récent transfert dans une nouvelle équipe, les Blackcastle, ont provoqué de nombreuses polémiques. Et lorsque son conflit avec Vincent DuBois, son pire ennemi devenu son coéquipier, leur fait perdre un championnat, ils sont contraints de suivre un entraînement intensif ensemble.

Survivre à cet été ne devrait pas être difficile... jusqu'à ce qu'Asher rencontre leur nouvelle coach.

Elle est belle, talentueuse, et malgré tous ses efforts, il n'arrive pas à la chasser de ses pensées.
Le seul problème ? C'est la sœur de son rival.

Scarlett DuBois est une ancienne danseuse étoile dont la carrière a été interrompue par un tragique accident.
Devenue professeure dans une prestigieuse académie de danse, elle est toujours hantée par les fantômes de son passé. Et la dernière chose dont elle a envie, c'est de passer l'été avec Asher Donovan.

Elle s'était juré de ne plus jamais sortir avec un footballeur, mais quand son frère doit quitter la ville pour une urgence, elle se retrouve coincée avec le séduisant et charismatique attaquant.



Depuis que j’écoute plus régulièrement des livres audios, je prends beaucoup plus de plaisir à découvrir des romances. The Striker d’Ana Huang a d’ailleurs été une lecture intéressante dans ce format. C’était ma première expérience avec cette autrice (il y a des références à ses autres ouvrages mais je suis passée un peu à côté) et, si je ne suis pas complètement séduite par l’histoire, j'ai trouvé qu’elle offrait une romance assez agréable et bien construite.

L’un des aspects que j’ai apprécié, c’est l’alternance des voix et des points de vue. Cela permet de mieux saisir les émotions et les pensées des deux protagonistes, Asher et Scarlett. Les narrateurs ont bien interprété les personnages et cela rend l’histoire plus immersive, en particulier dans les moments de tension entre les deux. Cela m’a permis de mieux comprendre les dilemmes intérieurs de chacun et de suivre plus facilement l’évolution de leur relation.

Quant à la relation entre Asher et Scarlett, elle est, selon moi, plutôt saine, malgré leurs blessures et névroses. Chacun a son passé et, bien que leurs interactions soient parfois tendues, leur dynamique est loin d’être toxique. Ils essaient de se soutenir mutuellement et cela m’a semblé plus réaliste que d’autres romances où les protagonistes sont plus dans la dépendance ou la manipulation. Cependant, bien que leur histoire soit plaisante, je n’ai pas été particulièrement captivée par la profondeur de leur relation.
Scarlett m’a semblé être une héroïne forte mais parfois un peu trop sur la défensive, ce qui peut rendre certains de ses échanges avec Asher un peu lourds. Ce dernier, quant à lui, est le classique footballeur sexy au passé compliqué. Malgré un parcours dans le football et des conflits intérieurs intéressants, je n’ai pas trouvé son personnage aussi captivant que certains autres héros du genre.

Il y a quelques scènes de smut dans ce livre et, à vrai dire, cela ne m’a pas dérangé dans l’ensemble. Cependant, une scène en particulier m’a semblé un peu "cringe", trop exagérée à mon goût, mais c’est vraiment une question de préférence personnelle. Mis à part cela, le reste des scènes sensuelles est plutôt bien dosé.

En somme, The Striker est un livre agréable à écouter en audio. Ana Huang nous offre une romance sympathique et classique.
Si vous êtes à la recherche d’une romance légère avec un peu de tension, de smut et des personnages qui évoluent, vous y trouverez certainement votre compte.
Par ailleurs, j’ai clairement deviné très facilement qui seraient les protagonistes des prochains volumes. Pourquoi pas les découvrir sous format audio !

mercredi 25 mars 2026

Lylian et Nicolas Grebil - L'île de minuit, Tome 2 : La femme aux singes

 

Auteur : Lylian
Dessinateur : Nicolas Grebil
Éditeur : Dupuis
Parution : 16 janvier 2026
Pages : 56
EAN-13 : 978-2808510899


La trahison d'Hector a abîmé la confiance du petit groupe. Si Elijah et Elena continuent de vouloir obéir à l'automate, Maya et Charlie s'y opposent. Au contact de Charlie, qui vit seul sur l'île depuis des années, Maya, Elijah et Elena en apprennent plus sur leur prison. Notamment sur la présence d'une adulte qui vit dans les marais avec une horde de singes à ses ordres. Alors qu'ils hésitent à aller à la rencontre de cette femme mystérieuse, un garçon est capturé dans un des pièges de Charlie : le nouvel arrivant ne se souvient ni de son prénom, ni de ses origines. Remis de leurs émotions, les enfants décident de se rendre dans les marais, pour retrouver la femme aux singes, dans l'espoir qu'elle apportera des réponses aux questions qu'ils se posent. Motivée par sa curiosité, Maya décide de les accompagner, désobéissant ainsi au dernier ordre de l'automate qui lui demandait de se rendre au phare...



Avec ce deuxième tome de L’île de Minuit, j’attendais surtout une confirmation : celle d’un univers qui m’avait intrigué sans totalement me convaincre dans le premier volume. Et, de ce point de vue, La femme aux singes marque une vraie évolution.

Ce qui frappe d’abord, c’est que le récit sort enfin de sa phase d’installation. Là où le volume précédent jouait beaucoup sur une atmosphère mystérieuse et une accumulation de questions, ce second opus donne le sentiment d’entrer dans quelque chose de plus structuré. L’intrigue avance réellement, même si elle reste volontairement avare en réponses.

Le groupe, surtout, évolue de manière intéressante. L’équilibre fragile entre les enfants se fissure et cette tension apporte une dimension plus crédible au récit. On n’est plus dans une simple aventure collective : les dynamiques changent, la confiance vacille et chacun semble réagir différemment face à l’inconnu. C’est sans doute l’un des aspects les plus réussis de ce tome parce qu’il donne un peu plus d’épaisseur à des personnages qui, jusque-là, restaient encore assez esquissés.

L’île, elle aussi, gagne en présence. Elle devient presque un personnage à part entière, avec ses zones plus troubles, plus inquiétantes et ses figures énigmatiques qui viennent brouiller encore davantage les repères. Cette montée en étrangeté fonctionne bien, même si elle entretient aussi ce flou qui peut parfois tenir le lecteur à distance. On avance, oui, mais sans jamais vraiment saisir les règles du jeu.

C’est d’ailleurs là que se situe, pour moi, la limite du tome : il continue de privilégier le mystère à la compréhension. Si cela renforce l’atmosphère, cela peut aussi créer une légère frustration, surtout si l’on attendait des éclaircissements après un premier volume déjà très énigmatique.

Graphiquement, en revanche, la continuité est rassurante. Le dessin reste efficace, lisible, avec une vraie capacité à installer des ambiances. Certains décors accentuent même le sentiment d’étrangeté et participent pleinement à l’identité de la série.

En somme, ce deuxième tome est plus engageant que le premier. Il donne envie de poursuivre parce qu’il montre que la série a quelque chose à développer, au-delà de son simple mystère initial. Néanmoins, il confirme aussi un choix narratif clair : celui de prendre son temps, quitte à laisser le lecteur encore un peu dans l’attente.

samedi 21 mars 2026

Sophie Kim - Le Fil du Destin, Tome 1 : Le Dieu et la Gumiho

 

Auteur : Sophie Kim
Éditeur : Sabran
Parution : 26 juin 2025
Pages : 432
EAN-13 : 978-2385601294



Son châtiment éternel ? Devoir la supporter.

Kim Hani est la gumiho la plus célèbre de Corée du Sud, connue sous le nom de Renarde Écarlate. Contrainte de faire profil bas après avoir dévoré un peu trop d'hommes d'un coup, elle travaille désormais comme barista. Mais ce qu'elle déteste par-dessus tout, c'est le café, ainsi qu'un de ses clients particulièrement agaçant.

Seokga le Déchu est le dieu de la malice. Chassé des cieux après une tentative de putsch ratée, il purge à présent sa peine en traquant des démons. Entre deux captures, il recharge ses batteries en se gavant de café... Si seulement l'insupportable serveuse sur qui il tombe toujours arrêtait de massacrer sa boisson préférée.

Lorsque la Renarde Écarlate réapparaît soudainement, Seokga voit là une chance d'obtenir sa rédemption. Mais Hani est prête à tout pour l'empêcher de l'attraper... Prête à tout ? Sauf peut-être à tomber amoureuse.


J’ai lu Le Dieu et la Gumiho dans le cadre du Bookclub de mars 2026 organisé par Chez Cha Cheshire et je ressors de cette lecture avec un sentiment assez mitigé.

L’intrigue, tout d’abord, m’a semblé extrêmement prévisible. Très rapidement, j’ai eu l’impression d’anticiper sans difficulté les grandes étapes du récit, ce qui a un peu diminué mon implication émotionnelle. Il manque cette part de surprise ou de tension qui pousse à tourner les pages avec avidité.

Les personnages n’ont malheureusement pas réussi à rattraper cet aspect. Je les ai trouvés assez caricaturaux, parfois même agaçants, et surtout étonnamment immatures au regard de leur statut — des figures censées être anciennes, marquées par des siècles d’existence. Cette dissonance m’a empêchée de m’y attacher réellement, ce qui est d’autant plus dommage dans un récit centré sur leurs relations.

Concernant la romance, elle s’inscrit dans un schéma très attendu. Si elle aurait pu être touchante sur le papier, j’ai eu du mal à croire à son évolution. Le passage de l’hostilité à l’amour profond m’a semblé trop rapide, presque précipité, et donc peu crédible. Même sans être particulièrement friande de romance, j’attends un minimum de progression et de nuance, ce que je n’ai pas vraiment retrouvé ici.

Un autre point qui m’a laissée sur ma faim est l’exploitation de la mythologie coréenne. L’univers avait pourtant un vrai potentiel, mais il reste assez survolé, sans véritable approfondissement. C’est d’autant plus frustrant que cet aspect aurait pu apporter richesse et originalité au récit.

Cela dit, tout n’est pas à jeter : l’ensemble se lit sans difficulté et le roman n’est pas mauvais en soi. Simplement, il ne m’a pas marquée ni convaincue autant que je l’espérais.

Au final, c’est une lecture correcte mais sans éclat. Le premier tome se suffit à lui-même et, pour l’instant, je ne ressens pas particulièrement l’envie de poursuivre la saga.

samedi 14 mars 2026

Sylvie Baussier - Moi, Médée, puissante sorcière

 

Auteur : Sylvie Baussier
Dessinateur : Tristan Gion
Éditeur : Scrineo
Collection : Mythologie
Parution : 12 février 2026
Pages : 127
EAN-13 : 978-2381674643



Je suis une jeune princesse, et j'ai d'immenses pouvoirs magiques. Pourtant, ce que je voudrais par-dessus tout, c'est l'amour ! Quand le prince Jason arrive de Grèce avec ses compagnons, les Argonautes, j'accepte de l'aider dans sa quête : prendre la précieuse Toison d'or gardée par un dragon. Les épreuves sont terribles !
Où tout cela va-t-il me mener ? Est-ce que je devrai choisir entre mon pays et l'amour de Jason, qui me mènera à l'exil ?
Vous connaissiez le récit de Jason, découvrez l'histoire de la femme qui l'a aidé à obtenir la Toison d'or...



Après avoir lu les volumes consacrés à Pandore, Cassandre et l’Hydre de Lerne, j’étais curieuse de découvrir celui dédié à Médée. Ce personnage de la mythologie grecque m’intéresse particulièrement, notamment pour la manière dont son image a évolué au fil des siècles, passant de magicienne puissante à figure tragique souvent diabolisée. J’attendais donc beaucoup de Moi, Médée, puissante sorcière de Sylvie Baussier.

Comme dans les autres titres de la collection, le roman adopte le point de vue du personnage mythologique lui-même. Le lecteur suit ainsi Médée, princesse et sorcière, lorsqu’elle rencontre Jason et choisit de l’aider dans sa quête de la Toison d’or. Ce parti pris narratif reste intéressant car il permet de redonner une voix à une figure féminine souvent racontée à travers le regard des héros masculins.

Cependant, ce volume m’a moins convaincue que les précédents. J’ai notamment eu l’impression que les transitions entre les différents événements manquaient de fluidité. Certains passages donnent le sentiment de passer un peu trop rapidement d’une étape du mythe à une autre, ce qui rend la progression du récit parfois abrupte et empêche de pleinement s’immerger dans les dilemmes et les émotions du personnage.

C’est d’autant plus dommage que Médée est une figure mythologique particulièrement riche et complexe. On perçoit bien les intentions de l’autrice de mettre en avant sa puissance, ses sentiments et les choix difficiles auxquels elle est confrontée mais le développement reste parfois un peu trop rapide pour exploiter tout le potentiel dramatique de son histoire.

Malgré cette réserve, la lecture reste intéressante pour celles et ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir la mythologie grecque à travers des récits accessibles et centrés sur les personnages. Et pour les lecteurs déjà familiers de la collection, ce volume complète malgré tout la galerie de figures mythologiques féminines revisitées par Sylvie Baussier.

mercredi 11 mars 2026

Catherine Ryan Howard - 56 jours

 

Auteur : Catherine Ryan Howard
Éditeur : L'Archipel
Parution : 8 janvier 2026
Pages : 360
EAN-13 : 978-2809853179



Un crime a été commis... Mais qui est la victime ?
Il y a 56 jours... Ciara et Oliver se rencontrent alors qu'ils font la queue à la caisse d'un supermarché de Dublin. Début d'une belle histoire au moment où l'épidémie de Covid-19 frappe les côtes irlandaises.
Il y a 35 jours... Oliver propose à Ciara d'emménager chez lui afin qu'ils passent ensemble le confinement. L'occasion pour les deux jeunes gens de mieux se connaître et de renforcer leur idylle naissante.
Aujourd'hui... La police retrouve un corps en décomposition dans l'appartement d'Oliver.
Le crime parfait vient-il d'être commis ?


Après Le Prieuré de l’Oranger de Samantha Shannon, j’avais besoin de m’éloigner de la fantasy et de me plonger dans quelque chose de plus contemporain. J’ai donc choisi 56 jours de Catherine Ryan Howard (mes envies de thriller sont plus régulières en ce moment).

Mon ressenti est assez mitigé. J’en attendais beaucoup, peut-être trop. Le roman se lit facilement, l’intrigue est bien construite et le contexte du confinement apporte une tension intéressante, mais je n’ai pas été totalement surprise. J’ai deviné la fin assez tôt, à un détail près, et je peux difficilement développer sans spoiler.

Une des thématiques abordées m’a rappelé un autre roman adapté à l’écran avec Andrew Garfield, ce qui a renforcé certaines résonances pendant ma lecture.


Curieuse, j’ai aussi regardé la série sur Prime Video. Elle prend une toute autre direction : l’ambiance change radicalement, les protagonistes sont plus sombres et vicieux, le duo de policiers a des intrigues supplémentaires et la fin diverge complètement du roman. Je n’ai pas accroché et j’ai eu du mal à avancer dans les épisodes, d’autant que le recours excessif à des scènes de sexe ne m’a semblé apporter rien à l’histoire.

En résumé, 56 jours reste une lecture agréable et efficace, mais pas exceptionnelle. Une curiosité bienvenue après la fantasy, mais la série, elle, ne m’a pas convaincue.
Par ailleurs, je ne sais pas si je lirai le roman précédent de cette autrice, d'autant plus qu'il y a un potentiel spoiler dans 56 jours.