Auteur : Solenn Bardet
Dessinateur : Marion Chancerel
Éditeur : Boîte à Bulles
Parution : 7 janvier 2026
Pages : 128
EAN-13 : 978-2849535493
Quand les marâtres se confient au sujet de leur quotidien… pas toujours rose !
Qu’il s’agisse de la belle-mère de Blanche-Neige ou de celle de Cendrillon, les marâtres sont souvent cantonnées au rôle de femme aigrie, méchante quand elles ne sont pas dépeintes comme de véritables sorcières !
Alors quand Samuel propose à Gwen de s’installer avec lui… et sa fille de 14 ans, Gwen convoque une assemblée extraordinaire composée de femmes qui sont – ou ont été – marâtres.
De la belle-mère "jetable" à la belle-mère dépassée en passant par la marâtre épanouie, elles vont tour à tour lui raconter leur parcours. L'occasion pour elles de partager des expériences souvent compliquées, et qui ont obligé certaines à mettre en place de vraies stratégies.
Composé à partir de témoignages, Chères marâtres donne la parole à celles qui ont bien souvent le mauvais rôle. Des femmes ayant peu voix au chapitre et qui ont pourtant beaucoup à dire.
Dans Chères marâtres, les autrices s’attachent à déconstruire le stéréotype bien connu de la belle-mère cruelle en explorant son histoire dans la littérature et la culture populaire. L’ouvrage examine comment cette figure, souvent caricaturale dans les contes et les récits familiaux, reflète des constructions sociales et des attentes complexes.
Le point fort de l’album
réside dans sa contextualisation et sa dimension visuelle. Le scénario de
Solenn Bardet propose des analyses éclairantes et bien documentées, tandis que
le dessin de Marion Chancerel apporte légèreté et lisibilité à un sujet qui pourrait
sembler austère. Les exemples abondent et sont instructifs, même si certaines
explications peuvent sembler répétitives.
Personnellement, je ne suis
pas une belle-mère et je n’ai jamais été confrontée directement à ce rôle. La
lecture m’a néanmoins paru intéressante : elle offre un aperçu des tensions et
des dilemmes liés à ce rôle familial, tout en invitant à réfléchir sur la
manière dont nous percevons ceux qui occupent des positions difficiles ou
jugées. Ce n’est pas un album fulgurant mais il propose suffisamment de matière
pour nourrir la réflexion et questionner certains clichés persistants.
En résumé, Chères marâtres
est un album stimulant par sa démarche et ses analyses, même pour les lecteurs
extérieurs à l’expérience. Il ne bouleverse pas les certitudes mais éclaire
avec nuance un sujet souvent réduit à la caricature.








