lundi 6 mai 2019

Angie Thomas - The Hate U Give



 Auteur : Angie Thomas
Editeur : Nathan
Parution : 5 avril 2018
Pages : 488
EAN-13 : 978-2092576731



Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police.
Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin.
Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.



Je tiens tout d'abord à remercier Cultura pour l'envoi de ce roman.

Cela fait un petit moment que j'ai terminé ma lecture mais il m'a fallu du temps pour la digérer et coucher ses mots.

Le style d'Angie Thomas (ou du moins sa traduction) est très fluide et on est très vite pris dans l'histoire.
Les personnages retranscrits sont empreints de réalisme et sans manichéisme. On s'attache facilement à chacun d'entre eux.

The Hate U Give est un roman poignant, qui m'a prise aux tripes. Il explore plusieurs thématiques difficiles comme le racisme, la justice ou encore la quête d'identité.
J'ai particulièrement apprécié la manière dont l'auteur présentait le racisme aux lecteurs. En effet, celui-ci est inscrit dans le quotidien. Le racisme ordinaire est mis en avant avec des scènes de tous les jours. Cela permet à un jeune lectorat de prendre conscience de l'impact que peuvent avoir certaines remarques et certains comportements qui sont malheureusement trop banalisés.

Ce roman traite de sujets puissants et actuels. Il a frôlé le coup de cœur. Je ne peux que conseiller sa lecture.


J'ai également eu l'occasion de voir l'adaptation cinématographique. Bien qu'il ne reprenne pas tous les éléments du livre (il manque notamment un arc narratif et certains personnages ne sont pas du tout développés), je l'ai trouvé aussi prenant que le roman. Il fait également passé un message très fort.
J'ai été bluffé par le jeu d'acteur d'Amandla Stenberg, qui arrive à nous transmettre une panoplie d'émotions.
Je conseille donc également ce film que vous ayez lu ou non le roman.

vendredi 29 mars 2019

Elena Ferrante - L'amie prodigieuse, Tome 1


 Auteur : Elena Ferrante
Editeur : Gallimard
Collection : Du Monde Entier
Parution : 30 octobre 2014
Pages : 400
EAN-13 : 978-2070138623



Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l'école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l'envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre.Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l'adolescence, à l'aube de l'âge adulte, non sans ruptures ni souffrances. Formidable voyage dans Naples et dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu'au plus profond de leur âme.



Depuis sa sortie, j'entends énormément de bien de cette saga. Toutefois, c'est surtout Cyrielle alias Lunatrix Lovestrange qui me l'a très bien vendue.

Cette lecture fut une belle surprise.
Elena Ferrante a réussi à retranscrire avec justesse et réalisme une période difficile de l'histoire italienne. Elle ne ménage pas son lecteur et lui montre sans secret ce qu'était la vie des italiens dans les années 50.
La narratrice peut faire preuve d'une certaine naïveté, ce qui apporte un peu de douceur au récit. Toutefois, plus les jeunes filles grandissent et quittent l'enfance, plus elles prennent conscience de la réalité qui les entoure.

Malgré cette ambiance incroyable qu'a dépeint Elena Ferrante, j'ai eu du mal à m'accrocher aux personnages. Que ce soit Lila ou Elena, je n'ai eu que peu d'attachement pour elles (sauf dans les scènes très dures) et elles m'ont parfois agacées. Peut-être que cette relation dominant/dominé m'a également mise mal à l'aise.
Les personnages sont complexes et réalistes. Ils ont leurs défauts et ne sont pas lisses. On ressent le travail apporté par l'auteur.
Cependant, il m'a manqué un petit quelque chose pour être complètement envoûtée.

Je conseille cette lecture si vous aimez les grandes sagas se déroulant sur plusieurs années et dans un contexte historique. Je lirai avec plaisir la suite de cette histoire.

dimanche 24 mars 2019

Véronique Cazot et Camille Benyamina - Les petites distances


Auteur : Véronique Cazot
Dessinateur : Camille Benyamina
Éditeur : Casterman
Parution : 11 avril 2018
Pages : 152
EAN-13 : 978-2203099976


Max est un homme tellement insignifiant qu'il finit par devenir vraiment invisible. Léo est une femme peureuse qui vit dans ses rêves. Max s'installe chez Léo et observe sa vie.




J'avais entendu beaucoup de bien sur cette bande-dessinée lors de sa sortie. De ce fait, lorsque je l'ai aperçue à la médiathèque, je n'ai pas hésité.
Contrairement à ce que je pensais, je ressors très mitigée de ma lecture.

Cette oeuvre est empreinte de poésie. La solitude que ressentent les deux protagonistes est parfaitement retranscrite par le biais du scénario mais également du dessin.
Elle m'a d'une certaine manière touchée.

Malheureusement, certaines choses m'ont chagrinée lors de ma lecture.
La première vient de la représentation des monstres qui hantent Léo. Je n'ai pas bien saisi leur message et leur utilité.
La seconde, et la plus importante, est que je me suis sentie parfois profondément mal à l'aise. En effet, Max fait preuve d'un voyeurisme que je ne trouve pas acceptable. Il se montre très intrusif dans l'intimité de Léo et je n'ai pas été à l'aise lors de ces passages. J'ai trouvé cela malsain.

En conséquence, je ne suis pas en mesure de dire concrètement si j'ai aimé cette bande-dessinée ou non. Il y a du très bon mais aussi du mauvais que je ne peux laisser passer.

lundi 28 janvier 2019

Joris Chamblain et Anne-Lise Nalin - Journal d'un enfant de lune


Auteur : Joris Chamblain
Dessinateur : Anne-Lise Nalin
Éditeur : Kennes
Parution : 11 octobre 2017
Pages : 56
EAN-13 : 978-2875804372


Morgane a seize ans. Elle vient d’emménager dans une nouvelle maison, avec ses parents et son petit frère. Tandis qu’elle déballe ses cartons, elle retrouve un journal intime caché derrière un radiateur. C’est celui de Maxime, un jeune homme de dix-sept ans, qui y raconte son étrange maladie qui l’empêche de vivre à la lumière du jour. C’est un enfant de la lune...




Cette bande-dessinée a été une lecture touchante, pleine de poésie, de justesse et d'humanité.

Morgane est un personnage plein de réalisme. C'est une adolescente qui perd ses repères en déménageant. Ce n'est pas une chose facile à vivre à cet âge-là. Elle finit par mûrir et par s'ouvrir aux autres.
Maxime est tout aussi attachant. Il ne peut pas avoir une vie normale du fait de sa maladie. On ressent son mal-être, sa frustration, sa colère, sa tristesse et sa culpabilité envers ses parents.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Ils apportent un petit plus à cette histoire.

Je ne peux pas terminer cette chronique sans évoquer les illustrations d'Anne-Lise Nalin. Le dessin est tout simplement sublime. J'ai particulièrement aimé les scènes de nuit et les couleurs utilisées. Un vrai bonheur pour les yeux.

Je conseille vivement cette lecture.

samedi 26 janvier 2019

Camille Versi - Royales #PLIB2019


 Auteur : Camille Versi
Editeur : Hachette Romans
Parution : 14 mars 2018
Pages : 420
EAN-13 : 978-2016269169


Margaret est la princesse parfaite, adorée de tous les Anglais. Généreuse, intelligente, polyglotte, cavalière émérite, menant de front des études de littérature, de politique et d’histoire par correspondance…
Son secret ?Margaret n’existe pas vraiment. Elles sont seize. Seize sœurs.Seize clones, éduquées à la perfection, créées pour faire rêver un royaume.Mais les temps ont changé… Sur seize clones, il ne devra rester qu’une princesse.



Comme pas mal de personnes (je pense), lorsque j'ai commencé ma lecture, j'ai directement pensé au film 7 sisters. Néanmoins, même si un même thème (une identité unique pour plusieurs personnes) est abordé dans les cas, ces œuvres restent très différentes.

Le clonage pose ici une question éthique : peut-on considérer des clones comme des êtres humains (et donc avec des droits) ?
Tout cela est mêlé à une histoire de politique. On y parle de succession mais aussi de choix difficiles à prendre. Certaines décisions prises pour le bien du peuple peuvent à aller à l'encontre des principes des protagonistes. On se pose souvent la question de ce qui est juste.

Malheureusement, ce récit était bien trop prévisible à mon goût.
Bien que ce soit une lecture assez addictive, certains passages m'ont paru longs. Je pense particulièrement à la romance, que j'ai trouvé trop présente. Celle-ci dominait parfois les autres thèmes à mon plus grand regret.

Royales fut une bonne lecture mais qui ne m'a toutefois pas marquée plus que cela.
Par ailleurs, cet article entre dans le cadre du PLIB 2019.


#PLIB2019
#ISBN9782016259634
#ISBN:9782016259634

mercredi 9 janvier 2019

Hubert et Bertrand Gatignol - Les Ogres-Dieux, Tome 2 : Demi-sang


Auteur : Hubert
Dessinateur : Bertrand Gatignol
Éditeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Parution : 15 juin 2016
Pages : 152
EAN-13 : 978-2302048492



Son histoire commence avant celle de Petit et se termine au même moment.


Les Nobles-Nés dominent le royaume au pied du château des Ogres-Dieux et gouvernent en leur nom. Bien que né parmi eux, la place de Yori n’est pas évidente : si son père – le roi – l’aime, il n’en reste pas moins un bâtard, le fils de la favorite, hétaïre de haut vol.
Sa grâce et son intelligence ne cessant d’attiser la haine de ses demi-frères légitimes, Yori et sa mère finissent dans les bas-fonds de la capitale. Il est alors prêt à tout pour la protéger : contraint de vivre de ses charmes, Yori amorce une ascension qui le mènera à nouveau, des années plus tard, dans l’entourage du Chambellan et au contact des terribles géants de la montagne… Mais à force de compromissions, ne risque-t-il pas de perdre ce qu’il a de plus précieux, et de devenir pire que ceux qui l’ont toujours rabaissé ?…




J'ai retrouvé avec plaisir l'univers créé par Hubert et Bertrand Gatignol.
Bien que cela se passe sur la même temporalité que le premier tome, j'ai trouvé cette lecture assez différente. Tandis que Petit se concentrait sur les ogres, on découvre ici l'univers des hommes. J'ai trouvé cette histoire plus sombre que la précédente. Il y est question de pouvoir, de complots et de manipulations.

Au départ, j'avais trouvé Yori attendrissant par son passé. Néanmoins, au fil des pages, il change radicalement et devient un homme prêt à tout pour acquérir une place haut placée dans la hiérarchie des hommes. Mon empathie s'est donc clairement évaporée.

Les personnages et l'intrigue restent le point fort de cette bande-dessinée. J'ai hâte de connaître le fin mot de cette histoire.

Par ailleurs, les dessins sont toujours aussi sublimes. C'est un réel plaisir pour les yeux.

jeudi 3 janvier 2019

Hubert et Bertrand Gatignol - Les Ogres-Dieux, Tome 1 : Petit


Auteur : Hubert
Dessinateur : Bertrand Gatignol
Éditeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Parution : 3 décembre 2014
Pages : 152
EAN-13 : 978-2302043121



Petit est le fils du Roi-Ogre. À peine plus grand qu’un simple humain, il porte sur lui le signe de la dégénérescence familiale qui rend chaque génération plus petite que la précédente à force de consanguinité. Son père veut sa mort, mais sa mère voit en lui la possible régénération de la famille puisqu’il pourrait s’accoupler à une humaine tel que le fit jadis le Fondateur de la lignée. Elle le confie alors à la tante Desdée, la plus ancienne d’entre eux, qui déshonorée en raison de son amour pour les humains, vit recluse dans une partie de l’immense château. Seulement voilà, contrairement au souhait de sa mère, elle tentera d’élever Petit à l’inverse des moeurs familiales… Tiraillé entre les pulsions violentes dont il a hérité et l’éducation humaniste qu’il a reçue de Desdée, Petit trouvera-t-il sa place ? Et survivra-t-il à l’appétit vorace de sa famille ?




J'ai tellement aimé cette bande-dessinée ! Je ne regrette pas du tout de m'être lancée dans cette lecture.

J'ai beaucoup apprécié l'alternance entre l'intrigue principale dessinée et les flash-backs narrés. On apprend énormément de choses à travers ces petites histoires et cela met en lumière certains aspects du récit qui nous est conté. Hubert réussit à aborder de manière simple des sujets politiques et sociologiques.

Petit est un personnage attachant. Il se retrouve en plein dilemme, entre son humanité et son héritage familiale.
Toutefois, c'est le personnage de Desdée qui m'a le plus plu. Cette grande femme peut faire preuve de froideur mais aussi de douceur. C'est un protagoniste plein de nuances, que j'ai apprécié à sa juste valeur.

Les illustrations sont sublimes. C'est une merveille graphique. J'ai été tout simplement bluffée par le trait de Bertrand Gatignol.

Je ne vous cache pas ma hâte de connaître la suite de cette histoire.