Auteur / Dessinateur : Tatsuki Fujimoto
Éditeur : Kazé
Parution : 8 juin 2022
Pages : 198
EAN-13 : 978-2820344762
Dans la continuité de 17-21, découvrez de nouvelles histoires courtes dessinées entre ses 22 et 26 ans par le génial Tatsuki Fujimoto, l'auteur de Chainsaw Man ! Ambiance kafkaïenne, légèreté d'un quotidien glissant dans le surnaturel, exploration de la frontière entre sexualité et violence, fascination et répulsion... Ici, le style du mangaka s'affine pour composer des récits poignants où le drame menace d'éclater sur chaque planche. Autant de nouvelles dans lesquelles se cachent les bourgeons de chefs-d'œuvre à venir !
Après 17-21, dont
l'adhésion m'avait laissée en dents de scie, je n'ai pas hésité longtemps avant
de passer à 22-26. L'envie de vérifier si Tatsuki Fujimoto, quelques années plus
tard, parviendrait à m'embarquer plus franchement l'a emporté sur mes réserves
habituelles. Ce second recueil rassemble quatre récits écrits entre ses 22 et
26 ans, que j'ai lus avant de découvrir leurs adaptations en animé.
Mermaid Rhapsody ouvre
le recueil et m'a agréablement surprise. Cette romance entre un garçon et une
sirène, nouée autour d'un piano immergé, prend le temps de respirer et cette
relative douceur, inhabituelle chez l'auteur, m'a séduite. On y sent un
Fujimoto plus posé, plus sûr de lui, qui préfère installer une atmosphère
plutôt que courir après l'effet de choc. L'animé, avec sa musique, donne
d'ailleurs corps à ce que le papier ne fait que suggérer.
Woke-Up-as-a-Girl Syndrome
est celui qui m'a le plus laissée perplexe. Je devine l'intention de départ,
une réflexion sur l'identité et le désir, mais le traitement de la question du
genre m'a laissée dubitative. Des répliques comme « tu pleures comme une
fillette » ou « sois un homme » m'ont franchement fait tiquer. Il s'agit
peut-être d'une question culturelle, d'un décalage entre ce que je perçois et
ce qui passe plus naturellement au Japon mais je n'ai pas réussi à dépasser
cet inconfort. Je le lis davantage comme une exploration à tâtons que comme une
réussite.
Nayuta of the Prophecy
est peut-être mon préféré du recueil, sans que j'ose vraiment l'affirmer, tant
les récits sont différents. Ce frère qui protège coûte que coûte une petite
sœur dont on annonce qu'elle détruira le monde condense ce que le mangaka sait
faire de mieux, entre tendresse, cruauté et fatalité, et la fin m'a touchée.
Sisters, enfin, met en
scène deux sœurs liées par la peinture, l'admiration et la jalousie. J'ai
apprécié le message que porte ce récit bien mené, qui m'a parlé plus que je ne m'y
attendais.
Ce recueil me semble plus
abouti que 17-21, avec des histoires plus maîtrisées et un auteur qui
apprivoise peu à peu sa propre étrangeté, même si tout ne fonctionne pas avec
la même force. Je n'y ai pas trouvé de quoi effacer mes hésitations envers son
univers, mais assez de vrais moments de grâce pour avoir envie de continuer à
le suivre, à mon rythme.








