Auteur : Camille Emmanuelle
Éditeur : Verso
Parution : 6 février 2026
Pages : 240
EAN-13 : 978-2386431869
Pages : 240
EAN-13 : 978-2386431869
À 38 ans, Marie a « tout » pour être heureuse : un travail de prof en ligne qui lui plaît, un mec super (voire parfait), des jumelles de 5 ans en bonne santé, et même l’opportunité d’adapter son roman en série TV.
Enfin, ça, c’est sur le papier…
Car même si Marie adore son mec, son désir semble parti boire des caïpirinhas à Acapulco tout seul comme un grand. Quant à la série, les producteurs lui demandent d’aider leur IA à écrire un scénario de romance un peu sexy, un peu dark, ambiance cartel mexicain « glamour ».
Sans compter que depuis qu’elle s’est pris bêtement une porte vitrée en pleine face, Marie Couston bascule dans un monde parallèle dès qu’elle s’endort.
Une double vie qui colle étrangement au scénario de romance qu’on cherche à lui imposer…
Et si passer du temps avec un beau Mexicain dans une piscine à débordement n’était pas si nul que cela ?
J’ai reçu cet ouvrage dans le cadre d’une masse critique Babelio.
Après avoir beaucoup aimé Cucul,
j’étais curieuse de retrouver Marie Couston, la même héroïne, mais à un autre
moment de sa vie. Là où Cucul s’attachait surtout à interroger la dark
romance et les fantasmes qu’elle véhicule, Bombasse déplace le regard
vers les séries : leur création, leurs mécanismes narratifs et la manière dont
nous les consommons.
La question des séries occupe
une place importante dans le roman, non pas comme un simple arrière-plan mais
comme un objet de réflexion à part entière. Il questionne la fabrication des
récits sériels, la standardisation des intrigues, les attentes du public et la
façon dont ces formats sont pensés pour capter l’attention. La dark romance
reste présente en filigrane mais elle s’inscrit ici dans une réflexion plus
large sur les récits contemporains et leur pouvoir d’attraction.
Par ailleurs, Marie est
désormais mère et cette nouvelle étape de sa vie traverse une grande partie du
roman. La maternité est abordée sous plusieurs angles : la fatigue, la charge
mentale, la place du désir et la libido au sein d’un couple qui dure. Le roman
met en lumière le traitement différent réservé aux parents : l’investissement
du père est valorisé, tandis que celui de la mère est considéré comme normal,
allant de soi, et donc rarement reconnu. Cette asymétrie crée une pression
constante, notamment parce que l’erreur semble moins permise à la mère.
Le roman aborde également la
question de l’addiction sous différentes formes : addiction aux séries et aux
écrans, mais aussi à certains récits, à des schémas relationnels ou à des
représentations idéalisées. Pedro devient lui-même une sorte d’addiction pour
Marie. Cette diversité de situations permet d’éviter une lecture trop
simplificatrice ou moralisante et ancre le propos dans une réalité très
contemporaine.
Malgré ces thématiques
intéressantes, Bombasse m’a moins emballée que Cucul. Peut-être
parce que l’effet de nouveauté est passé ou parce que certains choix narratifs
m’ont semblé moins surprenants.
Le personnage de Marie m’a
parfois agacée, dans ses contradictions ou ses aveuglements, ce qui a créé une
certaine distance. Il y avait des choix que je ne peux comprendre.
J’ai néanmoins apprécié ma
lecture. Bombasse reste un roman ancré dans des questionnements très
actuels, qui propose une réflexion sur les récits que nous consommons, sur la
parentalité, le désir et sur certaines formes d’addiction moderne. Il m’a
simplement moins marquée que Cucul, auquel je reste plus attachée.


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