dimanche 10 septembre 2017

Gillian Flynn - Les lieux sombres


 Auteur : Gillian Flynn
Editeur : Lgf
Collection : Ldp Thriller
Parution : 2 mars 2011
Pages : 512
EAN-13 : 978-2253157137


Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sours sont assassinées dans la ferme familiale. La petite fille, qui a échappé au massacre, désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de quinze ans. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby souffre de dépression chronique. Encouragée par une association, elle accepte de retourner pour la première fois sur les lieux du drame. Et c'est là, dans un Middle West dévasté par la crise économique, qu'une vérité inimaginable commence à émerger.



Avant ce roman, j'avais lu Les apparences du même auteur qui avait été un véritable coup de cœur et une claque au fil des pages. C'est pourquoi je m'attendais à ressentir quelque chose de très similaire. Malheureusement, malgré un moment agréable de lecture, mes attentes ont été un peu déçues. Peut-être ai-je mis la barre trop haute...

Gillian Flynn nous prouve une nouvelle fois avec quelle facilité elle peut jongler avec le présent et le passé. Son style permet au lecteur de se faire lui-même son opinion sur ce qu'il y a bien pu réellement se passer.
La fin fut pour moi à demi-teinte car j'avais réussi à deviner une partie de l'histoire. Ma surprise ne fut donc pas totale.

Libby est un personnage avec lequel j'ai eu beaucoup de mal. Dans le présent, cette affaire l'a détruite, même si elle se le cache à elle-même. Je ne me suis malheureusement pas attachée à elle et je n'ai éprouvé que peu de compassion à son égard. Je l'ai trouvé très égoïste, voire mauvaise. Ce qui la pousse à chercher la vérité est plus lié à l'appât du gain finalement. Ce personnage m'est vraiment sorti par les yeux par moment, ce qui a un peu freiné ma lecture.

Heureusement, l'intrigue reste prenante et je voulais avoir le fin mot de l'histoire. Gillian Flynn arrive parfaitement à tisser une toile pleine de rebondissements.
Les lieux sombres fut donc une très bonne lecture, même s'il est, pour moi, bien en-deçà de son autre oeuvre Les apparences.

samedi 15 juillet 2017

Malika Ferdjoukh - Chaque soir à 11 heures


 Auteur : Malika Ferdjoukh
Editeur : Flammarion
Collection : Flammarion Jeunesse
Parution : 12 octobre 2016
Pages : 408
EAN-13 : 978-2081392816


Willa Ayre s'est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée.
Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l'impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix...



Je tiens tout d'abord à remercier la maison d'édition Flammarion pour cet envoi !

Lorsque j'ai commencé ma lecture, je m'attendais à un récit centré sur une romance où l'héroïne devrait faire un choix entre deux jeunes hommes. Or, cela n'a pas vraiment été le cas. L'histoire que nous offre Malika Ferdjoukh tient plus du policier que de la romance. Moi qui ne suit pas particulièrement friande de ce dernier (et en particulier des triangles amoureux), j'en étais ravie.

Les personnages créés par l'auteur sont assez attachants, tout particulièrement Willa et Edern (ou même la famille Fils-Alberne). Toutefois, je regrette que certains personnages soient aussi caricaturaux. Le personnage de Fran en est un parfait exemple selon moi.

On rentre également très vite dans l'histoire et on souhaite en connaître plus sur les mystères qui entoure la bâtisse Fausse-Malice. L'auteur nous démontre que la littérature Jeunesse ne veut pas dire que l'on prend le lecteur pour un idiot. C'est un aspect que j'ai énormément apprécié.
Même si j'ai vu le dénouement arrivé de loin, ma lecture a été très agréable. Les multiples références culturelles qui parsèment le récit y sont notamment pour quelque chose.

Néanmoins, lorsque j'ai lu le point final de cette histoire, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose. J'aurais bien aimé avoir un chapitre supplémentaire nous expliquant ce qui arrivait aux protagonistes par la suite. Tout cela m'a paru assez abrupte.


En bref, bien que ce ne soit pas un récit parfait, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, que je conseille donc à quiconque, peu importe son âge.

lundi 10 juillet 2017

Becky Albertalli - Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens


 Auteur : Becky Albertalli
Editeur : Ldp
Collection : Ldp Jeunesse
Parution : 12 avril 2017
Pages : 315
EAN-13 : 978-2017010166



Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n'est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c'est à l'abri derrière l'écran de son ordinateur. C'est sur un chat qu'il « rencontre » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui sinon qu'ils fréquentent le même lycée. Simon commence à être raide dingue de Blue mais cela reste secret. Jusqu'au jour où il commet l'erreur monumentale de laisser ouverte sa session sur l'ordi du lycée. Martin, un de ses camarades de classe, lit ses emails et menace de tout révéler.



J'ai littéralement dévoré ce roman ! Je ne m'attendais pas à l'aimer autant lorsque j'ai commencé ma lecture.

Avant tout, Simon est un personnage terriblement attachant. Il n'est pas parfait, il m'a par moment agacée par certaines de ses réactions mais on s'identifie rapidement à lui. J'ai retrouvé à travers lui une partie de mon adolescence avec toutes ses questions que l'on se pose et la recherche de soi. Cela est d'autant plus compliqué pour lui qu'il est gay dans une société où ce n'est pas la norme. D'ailleurs, j'ai particulièrement aimé sa remarque sur le coming-out : pourquoi les hétérosexuels ne doivent-ils pas annoncer leur sexualité à leur entourage ? Pourquoi seuls les homosexuels auraient à faire leur coming-out ? J'ai personnellement trouvé cela pertinent (toutefois, je ne considère pas que l'on puisse se coller une étiquette ou rentrer parfaitement dans une case... je n'en vois pas la nécessité non plus...).

L'histoire d'amour entre Simon et Blue est toute mignonne. Ce fut très agréable de la découvrir.
L'identité de Blue fut en plus une surprise pour moi, ce qui n'est pas pour bouder mon plaisir.
La fin n'est peut-être pas aussi épique que ce à quoi je m'attendais mais cela n'a tout de même pas été décevant.

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens est une histoire pleine de légèreté et de tendresse qui aborde un thème peu facile à traiter. Cette lecture n'a pas été un coup de cœur mais elle a été très agréable et j'ai passé un très bon moment avec ce livre.


Cette lecture fait partie du Challenge Mystère.

jeudi 6 juillet 2017

Terry Pratchett - Les Annales du Disque-Monde, Tome 2 : Le huitième sortilège


 Auteur : Terry Pratchett
Editeur : Pocket
Collection : Pocket Fantasy
Parution : 28 décembre 2010
Pages : 256
EAN-13 : 978-2266211826


Octogénaire, borgne, chauve et édenté, Cohen le Barbare, le plus grand héros de tous les temps, réussira-t-il à tirer Deuxfleurs et Rincevent des griffes de leurs poursuivants ?
Question capitale, car le tissu même du temps et de l’espace est sur le point de passer dans l’essoreuse. Une étoile rouge menace de percuter le Disque-Monde et la survie de celui-ci est entre les mains du sorcier calamiteux : dans son esprit (très) brumeux se tapit en effet le… huitième sortilège !
La suite de l’épopée la plus démente de la fantasy, avec, dans les seconds rôles, une distribution prestigieuse : le Bagage, l’In-Octavo, Herrena la harpie, Kwartz le troll, Trymon l’enchanteur maléfique et, naturellement, la Mort…



Tout comme pour le tome précédent, c'est toujours un bonheur de retrouver la plume de Terry Pratchett.
Dans celui-ci, on retrouve notre fameux trio : Rincevent, Deuxfleurs et le Bagage (qui est bien un personnage à part entière). A ceux-ci, se rajoutent une multitude de personnages secondaires : la Mort (toujours aussi géniale), Kwartz (qui nous offre un moment assez drôle et épique du roman) ou encore Cohen le barbare auquel le lecteur peut s'attacher au fil des pages.

Tout comme à son habitude, l'auteur traite par le biais de la Fantasy de nombreux sujets dont il fait souvent la critique. Dans ce volume, on explore à la fois le monde des entreprises avec la gestion du personnel sorcier, les contes de notre enfance avec de multitudes de références éparpillées au fil des pages, mais encore l'informatique et le fanatisme religieux (dont le traitement m'a un peu fait penser à Game of Thrones).

Personnellement, j'ai préféré ce volume-ci au précédent. Ma lecture a été bien plus fluide et je me suis beaucoup plus attachée aux protagonistes. J'ai hâte de retrouver Rincevent dans de nouvelles aventures.

jeudi 29 juin 2017

Neal Shusterman - La faucheuse, Tome 1


 Auteur : Neal Shusterman
Editeur : Robert Laffont
Collection : R
Parution : 16 février 2017
Pages : 504
EAN-13 : 978-2221198674




Les commandements du Faucheur :Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d'immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t'ont résisté.



Depuis le temps que j'entends parler de ce roman sur la blogosphère et sur Booktube, il fallait bien que je me lance dans cette lecture à un moment ou à un autre et j'ai adoré ! 

L'univers est riche et bien construit, ce qui nous permet de prendre du recul face à notre société actuelle. Personnellement, j'ai toujours trouvé la notion d'immortalité assez effrayante et ce récit m'a plutôt conforté dans cette idée. Les attitudes ont changé avec les grandes avancées médicales. La population ne réagit plus du tout de la même manière et c'est parfois effarant.

De plus, les personnages qui nous sont présentés m'ont vraiment plu. J'ai eu un peu de mal avec Citra au début mais au fil des pages, je l'ai aimé de plus en plus. Néanmoins, j'ai préféré Rowan et ce durant tout ce premier tome. Ce sont deux adolescents assez ordinaires mais je les ai trouvé très attachants.
Les protagonistes secondaires m'ont tout autant plu, en particulier Maître Faraday et Dame Cury. Ces deux figures représentent la bienveillance, la simplicité et une certaine sagesse qui manque parfois à notre société.
Maître Goddard est un personnage détestable mais il apporte un nouvel aspect au récit de l'auteur et j'ai aimé le découvrir pour mieux le détester.

Toutefois, le gros point fort de ce roman reste le scénario. Neal Shusterman arrive à surprendre son lecteur à de très nombreuses reprises. J'ai rarement vu autant de rebondissements et ils arrivent toujours lorsque l'on s'y attend le moins. Le moindre élément peut tout remettre en cause.

En bref, ce fut une lecture très agréable et j'ai été ravie de voir que mon compagnon, qui n'est pas un grand lecteur, a aussi été happé par cette histoire. 
J'ai vraiment hâte de connaître la suite des aventures des faucheurs et j'espère que le tome 2 ne mettra pas trop de temps à sortir.




Cette lecture fait partie du Challenge Mystère.

jeudi 15 juin 2017

Terry Pratchett - Les Annales du Disque-Monde, Tome 1 : La huitième couleur


 Auteur : Terry Pratchett
Editeur : Pocket
Collection : Pocket Fantasy
Parution : janvier 2011
Pages : 288
EAN-13 : 978-2266211819


Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde se balade à dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande Tortue...Oui, c'est le Disque-monde... Les habitants de la cité d'Ankh-Morpork croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l'air tellement inoffensif, bonhomme chétif, fidèlement escorté par un Bagage de bois magique déambulant sur une myriade de petites jambes. Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la Guilde des Voleurs et celle des Assassins ; mission périlleuse et qui devait les conduire loin : dans une caverne de dragons ; peut-être jusqu'au Rebord du Disque. Car Deuxfleurs était d'une espèce plus redoutable qu'on ne l'imaginait : c'était un touriste...



Terry Pratchett est l'un de mes auteurs fétiches et c'est toujours un plaisir de le lire. Pour le coup, j'ai décidé de lire (et relire pour certains tomes) toute la saga des Annales du Disque-Monde dans l'ordre de parution.

La huitième couleur est l'une des rares annales où le tome ne se suffit pas à lui-même. En effet, pour terminer le récit, il faut également lire le deuxième volume de la saga. Les autres tomes peuvent se lire comme des one-shots même si on retrouve les mêmes personnages, le même univers et certaines références aux différents tomes. Toutefois, cela ne m'a absolument pas déranger. Il faut laisser du temps à l'auteur pour instaurer son univers si riche.

Ce premier volume est avant tout la présentation du fameux Disque sur plusieurs aspects : la géographie, les différents peuples, la religion, ... Terry Pratchett met en place son univers en mettant en avant des personnages piliers de cette saga  comme Rincevent (que j'affectionne particulièrement), le Patricien ou encore la Mort (gros béguin pour ce personnage).

Dans cet épisode, Terry Pratchett parodie des lieux communs de la Fantasy, en exagérant notamment le trait de certains aspects. Par exemple, les héros sont représentés comme des brutes épaisses sans cervelle.
Cependant, l'auteur ne s'arrête pas à cela car, au travers de l'histoire qui nous est contée, il met en lumière certaines critiques que l'on peut faire à notre société contemporaine. Ainsi, on retrouve une caricature parfaite du touriste avec Deuxfleurs.

En bref, pour moi, les romans de Terry Pratchett sont incontournables. La huitième couleur n'est pas mon tome préféré de la saga mais c'est toujours un régal de me retrouver plongée dans cet univers. J'ai déjà hâte de lire la suite.

lundi 5 juin 2017

Manu Larcenet - Le combat ordinaire


Dessinateur / Auteur : Manu Larcenet
Éditeur : Dargaud
Parution : 13 novembre 2014
Pages : 230
EAN-13 : 978-2205073775


Marco, jeune photographe de guerre, écoeuré par la vision de trop d'horreurs, se retire du monde avec son chat pour essayer de se reconstruire. Sur cette simple trame, Manu Larcenet tisse l'une des plus belles pages de la bande dessinée des dix dernières années, une réflexion unique sur le passage à l'âge adulte, l'acceptation de soi et notre rapport au monde.




Je ne m'attendais pas à aimer autant cette bande-dessinée. Celle-ci m'a été offerte à l'occasion de mon dernier anniversaire et je remercie sincèrement mon ami pour m'avoir fait ce beau cadeau qui fut une incroyable découverte.

Le combat ordinaire raconte finalement le combat de chacun face à la vie. Il n'y a rien de particulièrement extraordinaire dans le récit qui nous est raconté, c'est un aspect que j'ai énormément aimé. L'histoire n'est pas que drôle ou triste, c'est un mélange de cela. Cette histoire est juste et vraie. On suit l'initiation de Marco sur plusieurs plans.
Manu Larcenet aborde une multitude de thèmes dans cette série : les relations filiales, la peur de s'engager, la psychanalyse, la guerre d'Algérie, la politique, etc.

Le style de dessin de Manu Larcenet m'a beaucoup plu. Il peut paraître "simple" au premier abord mais il s'avère très travaillé et détaillé.


J'ai eu l'impression que le coup de crayon évoluait en même temps que Marco, le protagoniste principal. Les scènes de la vie quotidienne étaient empreintes de douceur, notamment avec le choix des couleurs, tandis que d'autres scènes étaient plus violentes et dynamiques. Les crises d'angoisse sont un parfait exemple puisqu'elles sont en rouge et en noir.


En bref, je conseille vivement cette série de bande-dessinée qui est un véritable bijou. J'essaye d'en dire le moins possible car c'est un ouvrage à découvrir sans plus d'information. Lisez et savourez ce bel ouvrage !