Auteur : Camille Anseaume
Dessinateur : Cécile Porée
Éditeur : Delcourt
Collection : Encrages
Parution : 1er octobre 2025
Pages : 208
EAN-13 : 978-2413087410
Parution : 1er octobre 2025
Pages : 208
EAN-13 : 978-2413087410
Quatorze ans après leur rupture, deux ex-amants se parlent enfin de leurs choix et de leurs regrets.
Camille et Sébastien vivent une liaison sans engagement jusqu'à ce qu'une grossesse inattendue bouleverse leur relation naissante. Face à cette révélation, leurs chemins divergent radicalement : elle assume sa maternité, lui disparaît de sa vie. Quatorze années s'écoulent dans un silence total, construisant autour de leur rupture un mur d'incompréhensions et de non-dits. Le temps a transformé leurs souvenirs, édulcoré certaines blessures, amplifié d'autres douleurs. Lorsqu'ils se retrouvent enfin, leurs deux versions de l'histoire se confrontent dans un dialogue nécessaire. Chacun dévoile sa vérité, révélant les peurs, les lâchetés et les espoirs qui ont guidé leurs choix passés. Cette conversation, longtemps repoussée, devient le lieu d'une réconciliation possible avec leurs propres contradictions et leurs responsabilités partagées.
Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Delcourt de m’avoir permis de lire cet ouvrage via la plateforme NetGalley.
L’album met en scène Camille
et Sébastien, liés par une histoire brève mais déterminante : une grossesse non
prévue, un choix qui sépare, puis une période de silence. Quand ils se
retrouvent enfin pour parler, ce n’est pas pour régler des comptes, mais pour
comprendre — ou du moins essayer. Le cœur du livre est là : dans ce face-à-face
tardif, où chacun raconte « sa » version, sans que l’une prenne clairement le
dessus sur l’autre.
En tant que lecteur, il faut
accepter de ralentir. Le récit est très peu événementiel : tout se joue dans
les mots, les souvenirs, les nuances de ressenti. Si vous aimez les bandes
dessinées introspectives, les récits de vie, les histoires qui ressemblent à
celles que l’on pourrait entendre autour d’un café — avec leurs zones floues et
leurs maladresses —, vous serez probablement touché.
À l’inverse, si vous cherchez
une intrigue tendue ou des rebondissements, l’album peut sembler presque trop
sage. Il n’y a pas de révélation fracassante, pas de jugement définitif. C’est
à la fois sa force mais aussi sa limite.
Le dessin de Cécile Porée est
doux, épuré, jamais démonstratif. Les couleurs changent subtilement selon les
points de vue, ce qui aide à entrer dans l’intériorité des personnages sans
surligner l’émotion. Rien n’est là pour « forcer » le lecteur à ressentir
quelque chose : on est invité, pas guidé.
Cette retenue graphique
fonctionne très bien avec le propos, même si certains lecteurs pourraient
regretter un manque d’audace visuelle. Là encore, tout est affaire de
sensibilité.
Une toute petite
conversation est une lecture qui résonne plus qu’elle n’impressionne. Selon
votre propre histoire — rapports amoureux complexes, parentalité, choix
irréversibles, silences prolongés —, elle peut toucher très juste… ou rester à
distance. C’est une bande dessinée qui ne cherche pas à être universelle par
principe, mais qui devient universelle quand elle rencontre le bon lecteur.


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