mercredi 1 avril 2026

Lola Koenig - La Déesse des Neiges


Auteur / Dessinateur : Lola Koenig
Éditeur : Humanoïdes Associés
Parution : 4 février 2026
Pages : 70
EAN-13 : 978-2731628845


Le voyage d’Ida, au cœur des glaces, où seule la bonté peut triompher des ténèbres.

Pour se sauver d’un mal étrange, Ida part à la rencontre des Vallons. Accompagnée par Fox, un vieux trappeur bourru, et par Aïko, enfant au cœur pur, elle découvrira l’origine de l’hiver éternel…
Une fable glacée où la bravoure rencontre la compassion. Pour sauver sa vie, Ida s’élance vers les mystérieux Vallons du Grand Nord. Entre tempêtes, brigands, loups et êtres fabuleux, elle découvre, avec Fox et Aïko, que l’hiver est le fruit de la souffrance d’une déesse mutilée. Face à l’agonie de cette créature, Ida comprend que l’issue ne réside pas dans la violence mais dans l’empathie. Ce choix bouleversera son destin et celui du monde.



Je remercie la maison d'édition  de m'avoir l'opportunité de lire cette adaptation via la plateforme .Je remercie les éditions Les Humanoïdes Associés pour m’avoir permis de découvrir La Déesse des neiges de Lola Koenig via NetGalley.

Dès le début, j’ai été plongée dans un univers glacé, figé dans un hiver sans fin. On suit Ida, une jeune fille courageuse qui part en quête d’un remède pour se sauver. Sur le chemin, elle fera la rencontre de Fox, un trappeur assez mystérieux et d’Aïko, un enfant plein de lumière. J’ai trouvé leur trio vraiment attachant, chacun apportant quelque chose à l’histoire.

Ce que j’ai le plus aimé, c’est que l’histoire ne repose pas sur un combat classique entre le bien et le mal. Au contraire, on découvre peu à peu qu’il y a une raison plus profonde à cet hiver éternel et que tout tourne autour de la souffrance et de la compréhension des autres. J’ai trouvé ce message vraiment fort.

Côté dessin, j’ai beaucoup aimé le style. Les traits sont simples et doux, presque comme dans un conte pour enfants, mais ça fonctionne très bien avec l’ambiance. Les paysages enneigés sont magnifiques et donnent une impression de calme, même si l’histoire peut être parfois un peu triste.

Au final, j’ai trouvé que La Déesse des neiges est une bande dessinée à la fois belle et émouvante. Elle parle de thèmes importants comme la douleur, la guérison et l’empathie, sans jamais être lourde.
C’est une lecture que je recommande, surtout si on aime les histoires poétiques et un peu différentes.

 


samedi 28 mars 2026

Ana Huang - Gods of the Game, Tome 1 : The Striker

 

Auteur : Ana Huang
Lecteurs : Eva Giménez et Soffiene Mourid
Éditeur : Lizzie
Parution : 7 janvier 2026
Durée : 17 h 03 min
EAN-13 : 979-1036642524

Elle est la seule femme qu'il désire... et la seule qu'il ne peut pas avoir.

Asher Donovan est une légende vivante du football, et selon certains, le meilleur joueur du monde du moment.

Mais ses actions irresponsables et son récent transfert dans une nouvelle équipe, les Blackcastle, ont provoqué de nombreuses polémiques. Et lorsque son conflit avec Vincent DuBois, son pire ennemi devenu son coéquipier, leur fait perdre un championnat, ils sont contraints de suivre un entraînement intensif ensemble.

Survivre à cet été ne devrait pas être difficile... jusqu'à ce qu'Asher rencontre leur nouvelle coach.

Elle est belle, talentueuse, et malgré tous ses efforts, il n'arrive pas à la chasser de ses pensées.
Le seul problème ? C'est la sœur de son rival.

Scarlett DuBois est une ancienne danseuse étoile dont la carrière a été interrompue par un tragique accident.
Devenue professeure dans une prestigieuse académie de danse, elle est toujours hantée par les fantômes de son passé. Et la dernière chose dont elle a envie, c'est de passer l'été avec Asher Donovan.

Elle s'était juré de ne plus jamais sortir avec un footballeur, mais quand son frère doit quitter la ville pour une urgence, elle se retrouve coincée avec le séduisant et charismatique attaquant.



Depuis que j’écoute plus régulièrement des livres audios, je prends beaucoup plus de plaisir à découvrir des romances. The Striker d’Ana Huang a d’ailleurs été une lecture intéressante dans ce format. C’était ma première expérience avec cette autrice (il y a des références à ses autres ouvrages mais je suis passée un peu à côté) et, si je ne suis pas complètement séduite par l’histoire, j'ai trouvé qu’elle offrait une romance assez agréable et bien construite.

L’un des aspects que j’ai apprécié, c’est l’alternance des voix et des points de vue. Cela permet de mieux saisir les émotions et les pensées des deux protagonistes, Asher et Scarlett. Les narrateurs ont bien interprété les personnages et cela rend l’histoire plus immersive, en particulier dans les moments de tension entre les deux. Cela m’a permis de mieux comprendre les dilemmes intérieurs de chacun et de suivre plus facilement l’évolution de leur relation.

Quant à la relation entre Asher et Scarlett, elle est, selon moi, plutôt saine, malgré leurs blessures et névroses. Chacun a son passé et, bien que leurs interactions soient parfois tendues, leur dynamique est loin d’être toxique. Ils essaient de se soutenir mutuellement et cela m’a semblé plus réaliste que d’autres romances où les protagonistes sont plus dans la dépendance ou la manipulation. Cependant, bien que leur histoire soit plaisante, je n’ai pas été particulièrement captivée par la profondeur de leur relation.
Scarlett m’a semblé être une héroïne forte mais parfois un peu trop sur la défensive, ce qui peut rendre certains de ses échanges avec Asher un peu lourds. Ce dernier, quant à lui, est le classique footballeur sexy au passé compliqué. Malgré un parcours dans le football et des conflits intérieurs intéressants, je n’ai pas trouvé son personnage aussi captivant que certains autres héros du genre.

Il y a quelques scènes de smut dans ce livre et, à vrai dire, cela ne m’a pas dérangé dans l’ensemble. Cependant, une scène en particulier m’a semblé un peu "cringe", trop exagérée à mon goût, mais c’est vraiment une question de préférence personnelle. Mis à part cela, le reste des scènes sensuelles est plutôt bien dosé.

En somme, The Striker est un livre agréable à écouter en audio. Ana Huang nous offre une romance sympathique et classique.
Si vous êtes à la recherche d’une romance légère avec un peu de tension, de smut et des personnages qui évoluent, vous y trouverez certainement votre compte.
Par ailleurs, j’ai clairement deviné très facilement qui seraient les protagonistes des prochains volumes. Pourquoi pas les découvrir sous format audio !

mercredi 25 mars 2026

Lylian et Nicolas Grebil - L'île de minuit, Tome 2 : La femme aux singes

 

Auteur : Lylian
Dessinateur : Nicolas Grebil
Éditeur : Dupuis
Parution : 16 janvier 2026
Pages : 56
EAN-13 : 978-2808510899


La trahison d'Hector a abîmé la confiance du petit groupe. Si Elijah et Elena continuent de vouloir obéir à l'automate, Maya et Charlie s'y opposent. Au contact de Charlie, qui vit seul sur l'île depuis des années, Maya, Elijah et Elena en apprennent plus sur leur prison. Notamment sur la présence d'une adulte qui vit dans les marais avec une horde de singes à ses ordres. Alors qu'ils hésitent à aller à la rencontre de cette femme mystérieuse, un garçon est capturé dans un des pièges de Charlie : le nouvel arrivant ne se souvient ni de son prénom, ni de ses origines. Remis de leurs émotions, les enfants décident de se rendre dans les marais, pour retrouver la femme aux singes, dans l'espoir qu'elle apportera des réponses aux questions qu'ils se posent. Motivée par sa curiosité, Maya décide de les accompagner, désobéissant ainsi au dernier ordre de l'automate qui lui demandait de se rendre au phare...



Avec ce deuxième tome de L’île de Minuit, j’attendais surtout une confirmation : celle d’un univers qui m’avait intrigué sans totalement me convaincre dans le premier volume. Et, de ce point de vue, La femme aux singes marque une vraie évolution.

Ce qui frappe d’abord, c’est que le récit sort enfin de sa phase d’installation. Là où le volume précédent jouait beaucoup sur une atmosphère mystérieuse et une accumulation de questions, ce second opus donne le sentiment d’entrer dans quelque chose de plus structuré. L’intrigue avance réellement, même si elle reste volontairement avare en réponses.

Le groupe, surtout, évolue de manière intéressante. L’équilibre fragile entre les enfants se fissure et cette tension apporte une dimension plus crédible au récit. On n’est plus dans une simple aventure collective : les dynamiques changent, la confiance vacille et chacun semble réagir différemment face à l’inconnu. C’est sans doute l’un des aspects les plus réussis de ce tome parce qu’il donne un peu plus d’épaisseur à des personnages qui, jusque-là, restaient encore assez esquissés.

L’île, elle aussi, gagne en présence. Elle devient presque un personnage à part entière, avec ses zones plus troubles, plus inquiétantes et ses figures énigmatiques qui viennent brouiller encore davantage les repères. Cette montée en étrangeté fonctionne bien, même si elle entretient aussi ce flou qui peut parfois tenir le lecteur à distance. On avance, oui, mais sans jamais vraiment saisir les règles du jeu.

C’est d’ailleurs là que se situe, pour moi, la limite du tome : il continue de privilégier le mystère à la compréhension. Si cela renforce l’atmosphère, cela peut aussi créer une légère frustration, surtout si l’on attendait des éclaircissements après un premier volume déjà très énigmatique.

Graphiquement, en revanche, la continuité est rassurante. Le dessin reste efficace, lisible, avec une vraie capacité à installer des ambiances. Certains décors accentuent même le sentiment d’étrangeté et participent pleinement à l’identité de la série.

En somme, ce deuxième tome est plus engageant que le premier. Il donne envie de poursuivre parce qu’il montre que la série a quelque chose à développer, au-delà de son simple mystère initial. Néanmoins, il confirme aussi un choix narratif clair : celui de prendre son temps, quitte à laisser le lecteur encore un peu dans l’attente.

samedi 21 mars 2026

Sophie Kim - Le Fil du Destin, Tome 1 : Le Dieu et la Gumiho

 

Auteur : Sophie Kim
Éditeur : Sabran
Parution : 26 juin 2025
Pages : 432
EAN-13 : 978-2385601294



Son châtiment éternel ? Devoir la supporter.

Kim Hani est la gumiho la plus célèbre de Corée du Sud, connue sous le nom de Renarde Écarlate. Contrainte de faire profil bas après avoir dévoré un peu trop d'hommes d'un coup, elle travaille désormais comme barista. Mais ce qu'elle déteste par-dessus tout, c'est le café, ainsi qu'un de ses clients particulièrement agaçant.

Seokga le Déchu est le dieu de la malice. Chassé des cieux après une tentative de putsch ratée, il purge à présent sa peine en traquant des démons. Entre deux captures, il recharge ses batteries en se gavant de café... Si seulement l'insupportable serveuse sur qui il tombe toujours arrêtait de massacrer sa boisson préférée.

Lorsque la Renarde Écarlate réapparaît soudainement, Seokga voit là une chance d'obtenir sa rédemption. Mais Hani est prête à tout pour l'empêcher de l'attraper... Prête à tout ? Sauf peut-être à tomber amoureuse.


J’ai lu Le Dieu et la Gumiho dans le cadre du Bookclub de mars 2026 organisé par Chez Cha Cheshire et je ressors de cette lecture avec un sentiment assez mitigé.

L’intrigue, tout d’abord, m’a semblé extrêmement prévisible. Très rapidement, j’ai eu l’impression d’anticiper sans difficulté les grandes étapes du récit, ce qui a un peu diminué mon implication émotionnelle. Il manque cette part de surprise ou de tension qui pousse à tourner les pages avec avidité.

Les personnages n’ont malheureusement pas réussi à rattraper cet aspect. Je les ai trouvés assez caricaturaux, parfois même agaçants, et surtout étonnamment immatures au regard de leur statut — des figures censées être anciennes, marquées par des siècles d’existence. Cette dissonance m’a empêchée de m’y attacher réellement, ce qui est d’autant plus dommage dans un récit centré sur leurs relations.

Concernant la romance, elle s’inscrit dans un schéma très attendu. Si elle aurait pu être touchante sur le papier, j’ai eu du mal à croire à son évolution. Le passage de l’hostilité à l’amour profond m’a semblé trop rapide, presque précipité, et donc peu crédible. Même sans être particulièrement friande de romance, j’attends un minimum de progression et de nuance, ce que je n’ai pas vraiment retrouvé ici.

Un autre point qui m’a laissée sur ma faim est l’exploitation de la mythologie coréenne. L’univers avait pourtant un vrai potentiel, mais il reste assez survolé, sans véritable approfondissement. C’est d’autant plus frustrant que cet aspect aurait pu apporter richesse et originalité au récit.

Cela dit, tout n’est pas à jeter : l’ensemble se lit sans difficulté et le roman n’est pas mauvais en soi. Simplement, il ne m’a pas marquée ni convaincue autant que je l’espérais.

Au final, c’est une lecture correcte mais sans éclat. Le premier tome se suffit à lui-même et, pour l’instant, je ne ressens pas particulièrement l’envie de poursuivre la saga.

samedi 14 mars 2026

Sylvie Baussier - Moi, Médée, puissante sorcière

 

Auteur : Sylvie Baussier
Dessinateur : Tristan Gion
Éditeur : Scrineo
Collection : Mythologie
Parution : 12 février 2026
Pages : 127
EAN-13 : 978-2381674643



Je suis une jeune princesse, et j'ai d'immenses pouvoirs magiques. Pourtant, ce que je voudrais par-dessus tout, c'est l'amour ! Quand le prince Jason arrive de Grèce avec ses compagnons, les Argonautes, j'accepte de l'aider dans sa quête : prendre la précieuse Toison d'or gardée par un dragon. Les épreuves sont terribles !
Où tout cela va-t-il me mener ? Est-ce que je devrai choisir entre mon pays et l'amour de Jason, qui me mènera à l'exil ?
Vous connaissiez le récit de Jason, découvrez l'histoire de la femme qui l'a aidé à obtenir la Toison d'or...



Après avoir lu les volumes consacrés à Pandore, Cassandre et l’Hydre de Lerne, j’étais curieuse de découvrir celui dédié à Médée. Ce personnage de la mythologie grecque m’intéresse particulièrement, notamment pour la manière dont son image a évolué au fil des siècles, passant de magicienne puissante à figure tragique souvent diabolisée. J’attendais donc beaucoup de Moi, Médée, puissante sorcière de Sylvie Baussier.

Comme dans les autres titres de la collection, le roman adopte le point de vue du personnage mythologique lui-même. Le lecteur suit ainsi Médée, princesse et sorcière, lorsqu’elle rencontre Jason et choisit de l’aider dans sa quête de la Toison d’or. Ce parti pris narratif reste intéressant car il permet de redonner une voix à une figure féminine souvent racontée à travers le regard des héros masculins.

Cependant, ce volume m’a moins convaincue que les précédents. J’ai notamment eu l’impression que les transitions entre les différents événements manquaient de fluidité. Certains passages donnent le sentiment de passer un peu trop rapidement d’une étape du mythe à une autre, ce qui rend la progression du récit parfois abrupte et empêche de pleinement s’immerger dans les dilemmes et les émotions du personnage.

C’est d’autant plus dommage que Médée est une figure mythologique particulièrement riche et complexe. On perçoit bien les intentions de l’autrice de mettre en avant sa puissance, ses sentiments et les choix difficiles auxquels elle est confrontée mais le développement reste parfois un peu trop rapide pour exploiter tout le potentiel dramatique de son histoire.

Malgré cette réserve, la lecture reste intéressante pour celles et ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir la mythologie grecque à travers des récits accessibles et centrés sur les personnages. Et pour les lecteurs déjà familiers de la collection, ce volume complète malgré tout la galerie de figures mythologiques féminines revisitées par Sylvie Baussier.

mercredi 11 mars 2026

Catherine Ryan Howard - 56 jours

 

Auteur : Catherine Ryan Howard
Éditeur : L'Archipel
Parution : 8 janvier 2026
Pages : 360
EAN-13 : 978-2809853179



Un crime a été commis... Mais qui est la victime ?
Il y a 56 jours... Ciara et Oliver se rencontrent alors qu'ils font la queue à la caisse d'un supermarché de Dublin. Début d'une belle histoire au moment où l'épidémie de Covid-19 frappe les côtes irlandaises.
Il y a 35 jours... Oliver propose à Ciara d'emménager chez lui afin qu'ils passent ensemble le confinement. L'occasion pour les deux jeunes gens de mieux se connaître et de renforcer leur idylle naissante.
Aujourd'hui... La police retrouve un corps en décomposition dans l'appartement d'Oliver.
Le crime parfait vient-il d'être commis ?


Après Le Prieuré de l’Oranger de Samantha Shannon, j’avais besoin de m’éloigner de la fantasy et de me plonger dans quelque chose de plus contemporain. J’ai donc choisi 56 jours de Catherine Ryan Howard (mes envies de thriller sont plus régulières en ce moment).

Mon ressenti est assez mitigé. J’en attendais beaucoup, peut-être trop. Le roman se lit facilement, l’intrigue est bien construite et le contexte du confinement apporte une tension intéressante, mais je n’ai pas été totalement surprise. J’ai deviné la fin assez tôt, à un détail près, et je peux difficilement développer sans spoiler.

Une des thématiques abordées m’a rappelé un autre roman adapté à l’écran avec Andrew Garfield, ce qui a renforcé certaines résonances pendant ma lecture.


Curieuse, j’ai aussi regardé la série sur Prime Video. Elle prend une toute autre direction : l’ambiance change radicalement, les protagonistes sont plus sombres et vicieux, le duo de policiers a des intrigues supplémentaires et la fin diverge complètement du roman. Je n’ai pas accroché et j’ai eu du mal à avancer dans les épisodes, d’autant que le recours excessif à des scènes de sexe ne m’a semblé apporter rien à l’histoire.

En résumé, 56 jours reste une lecture agréable et efficace, mais pas exceptionnelle. Une curiosité bienvenue après la fantasy, mais la série, elle, ne m’a pas convaincue.
Par ailleurs, je ne sais pas si je lirai le roman précédent de cette autrice, d'autant plus qu'il y a un potentiel spoiler dans 56 jours.

mercredi 4 mars 2026

Samantha Shannon - Le Prieuré de l'Oranger


Auteur : Samantha Shannon
Éditeur : J'ai Lu
Parution : 3 février 2021 et 7 avril 2021
Pages : 608 et 608
EAN-13 : 978-2290253175 et 978-2290255858



Un monde divisé. Un reinaume sans héritière. Un ancien ennemi s'éveille. La maison Berethnet règne sur l'Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d'elle... Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages.
Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l'usage d'une magie interdite s'impose pour cela. De l'autre côté de l'Abysse, Tané s'est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence. Pendant que l'Est et l'Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s'éveillent d'un long sommeil...
Bientôt, l'humanité devra s'unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.


Lecture du mois de février pour le Bookclub du Chapelier, organisé par Chez Cha Cheshire, le thème nous invitait à explorer la high fantasy.

Dès les premières pages, le monde se déploie. Non pas esquissé — mais construit pierre après pierre. Le worldbuilding est d’une richesse impressionnante : dynasties, croyances, légendes contradictoires, géographies opposées, dragons multiples dans leurs symboliques. On sent que rien n’est laissé au hasard, que chaque élément s’imbrique dans un ensemble plus vaste.
C’est une fantasy qui prend son temps. Elle ne cherche pas l’effet immédiat, elle installe. Elle exige que l’on s’abandonne à son rythme, que l’on accepte de ne pas tout comprendre d’emblée et c’est précisément cette densité qui lui donne sa profondeur.

Il y a dans ce roman une manière de replacer les femmes au centre du monde. Pas comme un manifeste bruyant mais comme une évidence.
J’ai particulièrement apprécié Ead et Tané.
Ead pour sa retenue, son intelligence silencieuse, cette façon d’habiter les marges tout en influençant le centre.
Tané pour sa détermination, sa tension intérieure entre ambition personnelle et loyauté culturelle.
Elles évoluent, doutent, trébuchent, mais avancent.
En revanche, je dois avouer que l’alchimiste, Niclays, ne m’a pas convaincue. Peut-être est-ce sa posture désabusée, son cynisme parfois répétitif ou son rôle de spectateur désenchanté du monde. Là où les autres personnages cherchent à transformer l’histoire, lui semble souvent la commenter. Je n’ai pas réussi à m’attacher à son errance.

Ce qui m’a frappée également, c’est cette sensation que le roman n’épuise pas son propre univers. Samantha Shannon laisse des portes entrouvertes, des respirations dans le tissu du monde. Une — voire plusieurs — suites seraient possibles.
Étrangement, loin de me frustrer, cette impression m’a donné envie d’y retourner. Comme si le monde continuait d’exister indépendamment du livre refermé.
On sent que l’histoire racontée n’est qu’un fragment d’un ensemble plus vaste.

Pour un roman du genre high fantasy, je m’attendais peut-être à davantage de tension tragique constante. Or, ici, la grandeur est plus architecturale qu’explosive. Le texte préfère la construction à la déflagration.
Par moments, le rythme s’étire. Certains dénouements paraissent rapides au regard du temps consacré à l’installation. Toutefois, cette lenteur participe aussi de l’atmosphère : celle d’un monde ancien, chargé de siècles de croyances et de silences.

En somme, ce n’est pas un roman que l’on dévore.
C’est un roman que l’on habite.
Dans le cadre du thème high fantasy, il incarne pleinement l’ampleur du genre : dragons, reines, prophéties, luttes religieuses mais aussi mémoire, transmission et vérité cachée.
Je referme Le Prieuré de l’Oranger avec le sentiment d’avoir traversé un monde plus que suivi une intrigue. Et avec cette curiosité persistante : que reste-t-il encore à découvrir derrière ces portes laissées entrouvertes ?

mercredi 18 février 2026

Pierre Mortel et Anaïs Dumas - Le Lapin des Baskerville

 

Auteur : Pierre Mortel
Dessinateur : Anaïs Dumas
Éditeur : Delcourt
Collection : Pataqués
Parution : 27 août 2025
Pages : 120
EAN-13 : 978-2413087168




Un coin de nature bucolique, un bestiaire familier... Ici, tout n'est semble-t-il que luxe, calme et volupté, mais c'était sans compter la présence du terrible Lapin des Baskerville qui hante la plaine la nuit...

Le bestiaire, familier, est aussi unique en son genre : un lapin convaincu de faire régner la terreur, un duo d'escargots et de limaces toxicos, un poussin de 500 kilos qui ne connait pas sa force (ni son poids), une famille de Beloups (mi-belette, mi-loup) persuadée d'être les prédateurs ultimes, un ornithorynque naïf... qui font de ce décor de comptine un récit irrésistiblement et cruellement drôle.




Sur le papier, Le Lapin des Baskerville attire immédiatement la curiosité. L’album joue avec les codes du célèbre roman de Conan Doyle, en y injectant un humour absurde, des références culturelles et des situations décalées. Le dessin accompagne efficacement le ton burlesque et certains gags visuels sont réussis.


C’est précisément cette richesse d’idées qui m’a laissé un sentiment de frustration. Malgré l’inventivité affichée, je ne suis pas parvenue à m’immerger complètement dans le récit. L’humour, pourtant omniprésent — entre absurde, noir et références appuyées — m’a souvent semblé décalé. Certaines blagues paraissaient trop prévisibles, presque annoncées à l’avance, tandis que d’autres, plus fines, n’allaient pas tout à fait au bout de leur potentiel.

Pour autant, l’album n’est pas dénué de qualités. Son inventivité, son rythme et la maîtrise de ses codes comiques montrent un vrai savoir-faire. Il parviendra sans doute à séduire les amateurs d’humour absurde et de parodies littéraires, même si, pour ma part, il n’a pas totalement réussi à me captiver.


En somme, Le Lapin des Baskerville est un album plaisant mais inégal, amusant à lire par moments mais qui laisse un sentiment d’opportunités manquées. Une lecture pas désagréable, mais qui ne transforme pas pleinement la curiosité en enthousiasme.

samedi 14 février 2026

Solenn Bardet et Marion Chancerel - Chères marâtres : Quand les belles-mères se confient

 

Auteur : Solenn Bardet
Dessinateur : Marion Chancerel
Éditeur : Boîte à Bulles
Parution : 7 janvier 2026
Pages : 128
EAN-13 : 978-2849535493



Quand les marâtres se confient au sujet de leur quotidien… pas toujours rose !
Qu’il s’agisse de la belle-mère de Blanche-Neige ou de celle de Cendrillon, les marâtres sont souvent cantonnées au rôle de femme aigrie, méchante quand elles ne sont pas dépeintes comme de véritables sorcières !
Alors quand Samuel propose à Gwen de s’installer avec lui… et sa fille de 14 ans, Gwen convoque une assemblée extraordinaire composée de femmes qui sont – ou ont été – marâtres.
De la belle-mère "jetable" à la belle-mère dépassée en passant par la marâtre épanouie, elles vont tour à tour lui raconter leur parcours. L'occasion pour elles de partager des expériences souvent compliquées, et qui ont obligé certaines à mettre en place de vraies stratégies.
Composé à partir de témoignages, Chères marâtres donne la parole à celles qui ont bien souvent le mauvais rôle. Des femmes ayant peu voix au chapitre et qui ont pourtant beaucoup à dire.



Dans Chères marâtres, les autrices s’attachent à déconstruire le stéréotype bien connu de la belle-mère cruelle en explorant son histoire dans la littérature et la culture populaire. L’ouvrage examine comment cette figure, souvent caricaturale dans les contes et les récits familiaux, reflète des constructions sociales et des attentes complexes.

Le point fort de l’album réside dans sa contextualisation et sa dimension visuelle. Le scénario de Solenn Bardet propose des analyses éclairantes et bien documentées, tandis que le dessin de Marion Chancerel apporte légèreté et lisibilité à un sujet qui pourrait sembler austère. Les exemples abondent et sont instructifs, même si certaines explications peuvent sembler répétitives.

Personnellement, je ne suis pas une belle-mère et je n’ai jamais été confrontée directement à ce rôle. La lecture m’a néanmoins paru intéressante : elle offre un aperçu des tensions et des dilemmes liés à ce rôle familial, tout en invitant à réfléchir sur la manière dont nous percevons ceux qui occupent des positions difficiles ou jugées. Ce n’est pas un album fulgurant mais il propose suffisamment de matière pour nourrir la réflexion et questionner certains clichés persistants.

En résumé, Chères marâtres est un album stimulant par sa démarche et ses analyses, même pour les lecteurs extérieurs à l’expérience. Il ne bouleverse pas les certitudes mais éclaire avec nuance un sujet souvent réduit à la caricature.

mercredi 11 février 2026

Camille Emmanuelle - Bombasse

 

Auteur : Camille Emmanuelle
Éditeur : Verso
Parution : 6 février 2026
Pages : 240
EAN-13 : 978-2386431869



À 38 ans, Marie a « tout » pour être heureuse : un travail de prof en ligne qui lui plaît, un mec super (voire parfait), des jumelles de 5 ans en bonne santé, et même l’opportunité d’adapter son roman en série TV.
Enfin, ça, c’est sur le papier…
Car même si Marie adore son mec, son désir semble parti boire des caïpirinhas à Acapulco tout seul comme un grand. Quant à la série, les producteurs lui demandent d’aider leur IA à écrire un scénario de romance un peu sexy, un peu dark, ambiance cartel mexicain « glamour ».
Sans compter que depuis qu’elle s’est pris bêtement une porte vitrée en pleine face, Marie Couston bascule dans un monde parallèle dès qu’elle s’endort.
Une double vie qui colle étrangement au scénario de romance qu’on cherche à lui imposer…
Et si passer du temps avec un beau Mexicain dans une piscine à débordement n’était pas si nul que cela ?



J’ai reçu cet ouvrage dans le cadre d’une masse critique Babelio.
Après avoir beaucoup aimé Cucul, j’étais curieuse de retrouver Marie Couston, la même héroïne, mais à un autre moment de sa vie. Là où Cucul s’attachait surtout à interroger la dark romance et les fantasmes qu’elle véhicule, Bombasse déplace le regard vers les séries : leur création, leurs mécanismes narratifs et la manière dont nous les consommons.

La question des séries occupe une place importante dans le roman, non pas comme un simple arrière-plan mais comme un objet de réflexion à part entière. Il questionne la fabrication des récits sériels, la standardisation des intrigues, les attentes du public et la façon dont ces formats sont pensés pour capter l’attention. La dark romance reste présente en filigrane mais elle s’inscrit ici dans une réflexion plus large sur les récits contemporains et leur pouvoir d’attraction.

Par ailleurs, Marie est désormais mère et cette nouvelle étape de sa vie traverse une grande partie du roman. La maternité est abordée sous plusieurs angles : la fatigue, la charge mentale, la place du désir et la libido au sein d’un couple qui dure. Le roman met en lumière le traitement différent réservé aux parents : l’investissement du père est valorisé, tandis que celui de la mère est considéré comme normal, allant de soi, et donc rarement reconnu. Cette asymétrie crée une pression constante, notamment parce que l’erreur semble moins permise à la mère.

Le roman aborde également la question de l’addiction sous différentes formes : addiction aux séries et aux écrans, mais aussi à certains récits, à des schémas relationnels ou à des représentations idéalisées. Pedro devient lui-même une sorte d’addiction pour Marie. Cette diversité de situations permet d’éviter une lecture trop simplificatrice ou moralisante et ancre le propos dans une réalité très contemporaine.

Malgré ces thématiques intéressantes, Bombasse m’a moins emballée que Cucul. Peut-être parce que l’effet de nouveauté est passé ou parce que certains choix narratifs m’ont semblé moins surprenants.
Le personnage de Marie m’a parfois agacée, dans ses contradictions ou ses aveuglements, ce qui a créé une certaine distance. Il y avait des choix que je ne peux comprendre.

J’ai néanmoins apprécié ma lecture. Bombasse reste un roman ancré dans des questionnements très actuels, qui propose une réflexion sur les récits que nous consommons, sur la parentalité, le désir et sur certaines formes d’addiction moderne. Il m’a simplement moins marquée que Cucul, auquel je reste plus attachée.

mercredi 4 février 2026

Alice Feeney - Lui et moi


Auteur : Alice Feeney
Éditeur : Hauteville
Parution : 12 janvier 2022
Pages : 384
EAN-13 : 978-2381223995



Anna Andrews s'était juré de ne plus jamais remettre les pieds à Blackdown, ce village où elle a grandi et vécu un cauchemar qu'elle n'est pas près d'oublier. Pourtant, c'est précisément à Blackdown qu'on retrouve une femme sauvagement assassinée. Anna, correspondante pour la BBC, n'a d'autre choix que se rendre sur place pour couvrir l'affaire.

Elle est sous le choc en découvrant l'identité de la victime : il s'agit d'une de ses amies d'adolescence. L'inspecteur en charge de l'affaire, Jack Harper, connaît bien la victime, lui aussi, il est même le dernier à l'avoir vue en vie. Jack et Anna vont passer quelques nuits blanches à Blackdown. D'autant plus que le tueur ne s'arrête pas en si bon chemin : les meurtres se multiplient et Anna pourrait bien être la prochaine sur la liste...


Lui et moi n’est pas une mauvaise lecture en soi, mais le roman n’a pas produit sur moi l’effet que j’en attendais. L’intrigue met du temps à réellement se mettre en place, ce qui a créé une certaine frustration et atténué mon immersion dans l’histoire. Si l’ambiance est travaillée et que le mystère finit par prendre forme, ce démarrage trop lent m’a un peu déçue.

Le plot twist final est ingénieux et cohérent avec le récit, mais je l’ai vu venir assez tôt. L’idée est bien trouvée, toutefois elle n’a pas provoqué la surprise ni le choc émotionnel que l’on espère généralement dans ce type de thriller psychologique. Plus globalement, l’histoire m’a paru assez convenue dans ses ressorts narratifs et les personnages, parfois caricaturaux, ne m’ont pas semblé suffisamment nuancés pour susciter un véritable attachement.


Ayant ensuite regardé l’adaptation en série sur Netflix, j’ai trouvé que le rythme y était mieux maîtrisé. Le récit avance de façon plus fluide et captivante, ce qui rend l’ensemble plus dynamique. La série prend aussi certaines libertés par rapport au livre, modifiant ou réinterprétant certains personnages — des choix intéressants, même s’ils peuvent surprendre les lecteurs du roman.

Cependant, l’adaptation souffre d’un manque de développement des relations entre certains personnages, ce qui limite parfois la profondeur émotionnelle de l’intrigue. Comme pour le livre, j’ai eu du mal à m’attacher réellement aux protagonistes, ce qui m’a tenue à distance du drame qu’ils vivent.

En revanche, le plot twist fonctionne mieux à l’écran : il est mieux amené et plus percutant visuellement. Le connaissant déjà après ma lecture du roman, je n’ai pas pu ressentir l’effet de surprise, mais je pense qu’un spectateur découvrant l’histoire directement par la série doit être davantage marqué par la révélation finale.

En somme, Lui et moi reste une œuvre correcte dans le genre du thriller psychologique, mais ni le livre ni son adaptation ne m’ont totalement convaincue — même si la série apporte un souffle et un rythme qui rendent l’histoire plus efficace.

samedi 31 janvier 2026

Marianne L.T.R. - Echo, Tome 1 : L'Onyx

 

Auteur : Marianne L.T.R.
Éditeur : Ymerys
Parution : 14 novembre 2024
Pages : 536
EAN-13 : 978-2959141942



Vivre à Bas-Cité, c'est se contenter d'un soleil artificiel et d'une pluie sale et nauséabonde.

Dans cette ville cernée par une Brume mortelle, l'indifférence règne en maître. On ne tend pas la main à son voisin, ni à personne d'ailleurs.
Pourtant lorsqu'Echo se retrouve mêlée au vol de l'un des six Joyaux de Pandore, la richissime arche qui surplombe Bas-Cité, Bast décide de lui venir en aide.

Les Ravageurs comme lui ont le nez fin et il a vite compris ce qu'il pouvait tirer de cette petite mécanicienne effrayée. Une montagne de gemmes et quasiment autant d'ennuis.


J’ai découvert le tome 1 d’Echo dans le cadre du bookclub de Chez Cha Cheshire, mais il attendait déjà sagement dans ma pile à lire depuis que Charlotte m’avait donné très envie de me lancer dans la saga lors de son Salon de l’Imaginaire 2025. Autant dire que les attentes étaient là… et globalement, la lecture a été à la hauteur.

La lecture est fluide, portée par une plume accessible et agréable. Le rythme connaît un léger ralentissement au milieu du roman, un passage un peu plus posé qui met davantage l’accent sur les enjeux et les personnages, mais l’intrigue reprend rapidement de l’élan et relance efficacement l’intérêt jusqu’au final.

Le worldbuilding est très intéressant, avec une atmosphère marquée et des idées intrigantes, notamment autour de cette fameuse brume. J’ai toutefois eu l’impression qu’il était parfois mis de côté au profit de l’action et des relations entre les personnages. Cela reste frustrant… mais aussi prometteur : j’espère vraiment que la suite approfondira davantage ces aspects.

Côté personnages, c’est une vraie réussite. Echo est attachante, crédible dans ses réactions face à une situation totalement inédite et son évolution se fait de manière naturelle.
J’ai particulièrement apprécié les personnages morally grey, comme Archibald et Bast, dont les motivations ambiguës apportent une vraie richesse au récit.
L’alternance des points de vue est bien gérée et permet de mieux comprendre les enjeux et les dynamiques entre les protagonistes.
Quelques stéréotypes subsistent sur certains personnages secondaires, mais rien de réellement dérangeant.

Et cette fin… déchirante. Je comprends parfaitement le choix scénaristique et sa cohérence avec l’histoire, mais cela n’empêche pas mon petit cœur de lectrice de pleurer.

En résumé, ce premier volume a été une très belle lecture pour débuter 2026 : immersive et prometteuse pour la suite. Malgré quelques longueurs et un worldbuilding que j’aurais aimé voir encore plus exploité, l’attachement aux personnages et l’intensité de la conclusion donnent clairement envie de continuer l’aventure. J’espère très sincèrement terminer cette duologie dans l’année.