dimanche 17 septembre 2017

Lynne Matson - Nil, Tome 1


 Auteur : Lynne Matson
Editeur : Pocket Jeunesse
Collection : Pocket Junior Grand Format
Parution : 18 février 2016
Pages : 458
EAN-13 : 978-2266256933


Charley se réveille sur une île somptueuse qui n’est sur aucune carte. Seule, perdue, elle survit tant bien que mal jusqu’à ce qu’elle rencontre Thad, le leader d’un clan regroupant les seuls humains présents sur l’île de Nil. Charley va vite comprendre que quitter cet enfer paradisiaque sera plus difficile qu’elle ne le pensait : la seule issue, ce sont les rares portes qui apparaissent au hasard sur l’île… Il n’y en a qu’une par jour, et une seule personne peut l’emprunter. Pire encore : on n’a qu’un an pour s’échapper. Sinon, on meurt. Le compte à rebours a déjà commencé…



J'ai lu ce premier tome dans le cadre de la lecture commune organisée par Vibration Littéraire. De plus, vu le contexte dans lequel se passe le récit, je l'ai trouvé très approprié aux vacances estivales.

Je m'attendais à un roman qui me ferait voyager, rêver par ses paysages idylliques. Pourtant, j'ai trouvé que les descriptions des lieux manquaient un peu. Je n'en avais pas assez pour vraiment m'immerger dans cet univers.

Ma plus grande déception vient néanmoins des personnages. Que cette histoire est bourrée de clichés...
La rencontre et le coup de foudre entre les deux protagonistes principaux en sont le parfait exemple. Ce couple m'a désespéré tout au long de ma lecture. Je ne suis pas une grande férue de romance et là, ce n'était clairement pas pour moi. Leur situation m'a horripilé. Heureusement que j'avais tout de même envie de connaître la fin de l'histoire. J'aurais préféré que l'auteur se concentre sur la survie sur Nil que cette romance insipide.
Quant aux autres personnages, ils sont nombreux et divers mais manquent sérieusement de profondeur. Je ne me suis guère attachée à eux.

Par ailleurs, certaines situations et certains dialogues étaient répétitifs à mon goût. Le récit avait finalement quelque chose d'assez redondant.

Ce fut donc une déception pour ma part. Je ne sais pas encore si je me lancerai dans la lecture du tome 2. Du peu d'informations que j'ai eu, les protagonistes principaux ne sont plus Thad et Charley, ce qui est un atout pour moi. Si l'histoire se recentre sur la survie et sur Nil, pourquoi pas. Sinon, je passerai mon chemin.

Margaret Atwood - La servante écarlate


 Auteur : Margaret Atwood
Editeur : Robert Laffont
Collection : Pavillons Poche
Parution : 8 juin 2017
Pages : 544
EAN-13 : 978-2221203323




Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom.



Ce roman a été une véritable claque littéraire ! Même bien après sa lecture, il n'a pas cessé de trotter dans ma tête. Je conseille vivement à quiconque de lire La servante écarlate, on n'en sort pas indemne.

Margaret Atwood arrive parfaitement à mettre en place un environnement glaçant et terrifiant en se basant simplement sur notre réalité. Les faits qui aboutissent à cette contre-utopie sont tellement réalistes que cela en est effrayant.
L'auteur nous dépeint une société où la femme n'est plus un être humain mais un objet nécessaire à la procréation, qui est devenu sa principale raison d'être. Elles n'ont plus de droit, uniquement des devoirs et n'ont plus aucune voix pour s'exprimer dans cette société redevenue ultra patriarcale.
Nous retrouvons dans cette oeuvre le schéma type d'une contre-utopie, comme dans les romans d'Orwell ou encore Huxley : une société sous contrainte, une hiérarchie, une surveillance totale et permanente et l'absence d'espoir. On y retrouve également énormément de caractéristiques propres aux régimes totalitaires.

L'auteur dénonce de nombreux sujets et pas uniquement politiques à travers cet univers où les sentiments n'ont plus leur place. Sa plume est superbe, pleine sobriété, ce qui participe à l'atmosphère dans laquelle vit notre narratrice.

La fin peut surprendre mais, personnellement, j'ai trouvé qu'elle était parfaite et amenait une nouvelle réflexion à ce récit.

Je n'ai pas encore regardé la série qui est sortie il y a peu car je souhaitais terminer ma lecture de l'oeuvre originale avant. Maintenant que c'est chose, j'ai hâte de m'y mettre, surtout avec les bons échos qui me parviennent à son sujet.

En bref, n'attendez plus : allez lire ce bouleversant roman !

dimanche 10 septembre 2017

S. N. Lemoing - Powerful, Tome 1 : Le royaume d'Harcilor


 Auteur : S. N. Lemoing
Editeur : Autoédité
Parution : 3 juin 2015
Pages : 386




Depuis douze ans, le pouvoir a été usurpé au royaume d'Harcilor.
Cyr, un homme de savoir, et son fils adoptif, Kaaz, ont constitué une école secrète.
En effet, dans ce monde certaines personnes naissent dotées de pouvoirs magiques : les Silarens.
Seulement, il n'est pas toujours aisé de déceler ses pouvoirs.
Ils seront bientôt rejoints par une jeune femme bien mystérieuse qui a beaucoup à leur apprendre.
Alors que Litar, reconnu comme l'être le plus puissant du royaume s'absente durant quelques temps, ils entrevoient pour la première fois la possibilité d'agir.
Parviendront-ils à retrouver leur liberté ? Feront-ils les bons choix ?




Merci à l'auteur qui m'a gentiment envoyé ce roman après notre partenariat pour le tome 1 de Shewolf.

Ce tome pose tout d'abord les bases de l'univers créé par S. N. Lemoing, qui a inventé toute une civilisation et une partie de son langage. J'ai apprécié découvrir ce nouveau monde imaginaire. Je regrette cependant qu'il n'y est pas de carte dans ce livre. Cela m'aurait permis de mieux situer les lieux.

Autre petit défaut que j'ai trouvé à cette histoire est la confusion parfois provoquée auprès du lecteur. Par moment, je ne savais plus si l'on était dans le présent ou dans le passé. Il y a également de très nombreux personnages et j'ai eu du mal à retenir tous leurs noms et leurs rôles dans l'histoire.

Il y a également quelques petites facilités de scénario. J'ai trouvé que certaines situations trouvaient leur dénouement trop facilement. Certaines scènes allaient également trop vite à mon goût. Le rythme narratif était un peu inégal, ce qui a cassé la fluidité de ma lecture.

Malgré cela, j'ai apprécié la plupart des personnages et on sent que l'auteur a cherché à leur donner un sens. Ils ne sont pas là pour faire de la figuration.
On peut d'ailleurs remarquer également que les personnages féminins ont une place importante dans l'histoire et dans l'univers créé par S. N. Lemoing. J'avais déjà remarqué cette image de femme forte dans Shewolf et je suis heureuse de la retrouver ici également.

Ce premier tome de Powerful fut donc une lecture agréable avec un univers que j'ai aimé découvrir. Je me demande bien ce que peut nous réserver la suite.


Cette lecture fait partie du Challenge Mystère.

Gillian Flynn - Les lieux sombres


 Auteur : Gillian Flynn
Editeur : Lgf
Collection : Ldp Thriller
Parution : 2 mars 2011
Pages : 512
EAN-13 : 978-2253157137


Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sours sont assassinées dans la ferme familiale. La petite fille, qui a échappé au massacre, désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de quinze ans. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby souffre de dépression chronique. Encouragée par une association, elle accepte de retourner pour la première fois sur les lieux du drame. Et c'est là, dans un Middle West dévasté par la crise économique, qu'une vérité inimaginable commence à émerger.



Avant ce roman, j'avais lu Les apparences du même auteur qui avait été un véritable coup de cœur et une claque au fil des pages. C'est pourquoi je m'attendais à ressentir quelque chose de très similaire. Malheureusement, malgré un moment agréable de lecture, mes attentes ont été un peu déçues. Peut-être ai-je mis la barre trop haute...

Gillian Flynn nous prouve une nouvelle fois avec quelle facilité elle peut jongler avec le présent et le passé. Son style permet au lecteur de se faire lui-même son opinion sur ce qu'il y a bien pu réellement se passer.
La fin fut pour moi à demi-teinte car j'avais réussi à deviner une partie de l'histoire. Ma surprise ne fut donc pas totale.

Libby est un personnage avec lequel j'ai eu beaucoup de mal. Dans le présent, cette affaire l'a détruite, même si elle se le cache à elle-même. Je ne me suis malheureusement pas attachée à elle et je n'ai éprouvé que peu de compassion à son égard. Je l'ai trouvé très égoïste, voire mauvaise. Ce qui la pousse à chercher la vérité est plus lié à l'appât du gain finalement. Ce personnage m'est vraiment sorti par les yeux par moment, ce qui a un peu freiné ma lecture.

Heureusement, l'intrigue reste prenante et je voulais avoir le fin mot de l'histoire. Gillian Flynn arrive parfaitement à tisser une toile pleine de rebondissements.
Les lieux sombres fut donc une très bonne lecture, même s'il est, pour moi, bien en-deçà de son autre oeuvre Les apparences.

samedi 15 juillet 2017

Malika Ferdjoukh - Chaque soir à 11 heures


 Auteur : Malika Ferdjoukh
Editeur : Flammarion
Collection : Flammarion Jeunesse
Parution : 12 octobre 2016
Pages : 408
EAN-13 : 978-2081392816


Willa Ayre s'est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée.
Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l'impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix...



Je tiens tout d'abord à remercier la maison d'édition Flammarion pour cet envoi !

Lorsque j'ai commencé ma lecture, je m'attendais à un récit centré sur une romance où l'héroïne devrait faire un choix entre deux jeunes hommes. Or, cela n'a pas vraiment été le cas. L'histoire que nous offre Malika Ferdjoukh tient plus du policier que de la romance. Moi qui ne suit pas particulièrement friande de ce dernier (et en particulier des triangles amoureux), j'en étais ravie.

Les personnages créés par l'auteur sont assez attachants, tout particulièrement Willa et Edern (ou même la famille Fils-Alberne). Toutefois, je regrette que certains personnages soient aussi caricaturaux. Le personnage de Fran en est un parfait exemple selon moi.

On rentre également très vite dans l'histoire et on souhaite en connaître plus sur les mystères qui entoure la bâtisse Fausse-Malice. L'auteur nous démontre que la littérature Jeunesse ne veut pas dire que l'on prend le lecteur pour un idiot. C'est un aspect que j'ai énormément apprécié.
Même si j'ai vu le dénouement arrivé de loin, ma lecture a été très agréable. Les multiples références culturelles qui parsèment le récit y sont notamment pour quelque chose.

Néanmoins, lorsque j'ai lu le point final de cette histoire, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose. J'aurais bien aimé avoir un chapitre supplémentaire nous expliquant ce qui arrivait aux protagonistes par la suite. Tout cela m'a paru assez abrupte.


En bref, bien que ce ne soit pas un récit parfait, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, que je conseille donc à quiconque, peu importe son âge.

lundi 10 juillet 2017

Becky Albertalli - Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens


 Auteur : Becky Albertalli
Editeur : Ldp
Collection : Ldp Jeunesse
Parution : 12 avril 2017
Pages : 315
EAN-13 : 978-2017010166



Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n'est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c'est à l'abri derrière l'écran de son ordinateur. C'est sur un chat qu'il « rencontre » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui sinon qu'ils fréquentent le même lycée. Simon commence à être raide dingue de Blue mais cela reste secret. Jusqu'au jour où il commet l'erreur monumentale de laisser ouverte sa session sur l'ordi du lycée. Martin, un de ses camarades de classe, lit ses emails et menace de tout révéler.



J'ai littéralement dévoré ce roman ! Je ne m'attendais pas à l'aimer autant lorsque j'ai commencé ma lecture.

Avant tout, Simon est un personnage terriblement attachant. Il n'est pas parfait, il m'a par moment agacée par certaines de ses réactions mais on s'identifie rapidement à lui. J'ai retrouvé à travers lui une partie de mon adolescence avec toutes ses questions que l'on se pose et la recherche de soi. Cela est d'autant plus compliqué pour lui qu'il est gay dans une société où ce n'est pas la norme. D'ailleurs, j'ai particulièrement aimé sa remarque sur le coming-out : pourquoi les hétérosexuels ne doivent-ils pas annoncer leur sexualité à leur entourage ? Pourquoi seuls les homosexuels auraient à faire leur coming-out ? J'ai personnellement trouvé cela pertinent (toutefois, je ne considère pas que l'on puisse se coller une étiquette ou rentrer parfaitement dans une case... je n'en vois pas la nécessité non plus...).

L'histoire d'amour entre Simon et Blue est toute mignonne. Ce fut très agréable de la découvrir.
L'identité de Blue fut en plus une surprise pour moi, ce qui n'est pas pour bouder mon plaisir.
La fin n'est peut-être pas aussi épique que ce à quoi je m'attendais mais cela n'a tout de même pas été décevant.

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens est une histoire pleine de légèreté et de tendresse qui aborde un thème peu facile à traiter. Cette lecture n'a pas été un coup de cœur mais elle a été très agréable et j'ai passé un très bon moment avec ce livre.


Cette lecture fait partie du Challenge Mystère.

jeudi 6 juillet 2017

Terry Pratchett - Les Annales du Disque-Monde, Tome 2 : Le huitième sortilège


 Auteur : Terry Pratchett
Editeur : Pocket
Collection : Pocket Fantasy
Parution : 28 décembre 2010
Pages : 256
EAN-13 : 978-2266211826


Octogénaire, borgne, chauve et édenté, Cohen le Barbare, le plus grand héros de tous les temps, réussira-t-il à tirer Deuxfleurs et Rincevent des griffes de leurs poursuivants ?
Question capitale, car le tissu même du temps et de l’espace est sur le point de passer dans l’essoreuse. Une étoile rouge menace de percuter le Disque-Monde et la survie de celui-ci est entre les mains du sorcier calamiteux : dans son esprit (très) brumeux se tapit en effet le… huitième sortilège !
La suite de l’épopée la plus démente de la fantasy, avec, dans les seconds rôles, une distribution prestigieuse : le Bagage, l’In-Octavo, Herrena la harpie, Kwartz le troll, Trymon l’enchanteur maléfique et, naturellement, la Mort…



Tout comme pour le tome précédent, c'est toujours un bonheur de retrouver la plume de Terry Pratchett.
Dans celui-ci, on retrouve notre fameux trio : Rincevent, Deuxfleurs et le Bagage (qui est bien un personnage à part entière). A ceux-ci, se rajoutent une multitude de personnages secondaires : la Mort (toujours aussi géniale), Kwartz (qui nous offre un moment assez drôle et épique du roman) ou encore Cohen le barbare auquel le lecteur peut s'attacher au fil des pages.

Tout comme à son habitude, l'auteur traite par le biais de la Fantasy de nombreux sujets dont il fait souvent la critique. Dans ce volume, on explore à la fois le monde des entreprises avec la gestion du personnel sorcier, les contes de notre enfance avec de multitudes de références éparpillées au fil des pages, mais encore l'informatique et le fanatisme religieux (dont le traitement m'a un peu fait penser à Game of Thrones).

Personnellement, j'ai préféré ce volume-ci au précédent. Ma lecture a été bien plus fluide et je me suis beaucoup plus attachée aux protagonistes. J'ai hâte de retrouver Rincevent dans de nouvelles aventures.