lundi 25 janvier 2021

Karine Tuil - Les choses humaines

 



 Auteur : Karine Tuil
Editeur : Gallimard
Collection : Folio
Parution : 7 janvier 2021
Pages : 352
EAN-13 : 978-2072921117



Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l'abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?



Dans ce roman fort, Karine Tuil traite de sujets d'actualité : le viol, le mouvement #MeeToo, la machine judiciaire française, notre rapport aux réseaux sociaux et aux médias en général... C'est la première fois que je lisais la plume de cette autrice. Elle est fluide, nuancée et percutante. Karine Tuil dépeint une société d'une violence insidieuse.

La première partie du roman m'a semblé un peu longue et lente. On y découvre la famille Farel : Jean, Claire et leur fils Alexandre. On nous présente leurs vécus, leurs quotidiens, leurs personnalités. Qu'est-ce que j'ai pu détester chacun d'entre eux
Jean est pour moi le protagoniste le plus détestable. Sa course au jeunisme, sa misogynie, son complexe de supériorité, … Toute sa personne m'a semblé antipathique.
Claire est un des personnages que j'ai eu le plus de mal à cerner. Elle est pleine d'opposition et de contraste. Néanmoins, elle a fini par me toucher au cours de l'histoire avec sa position de mère. Après tout, quelle serait ma réaction si j'apprenais que mon enfant était soupçonné d'un tel acte ? En tant que mère, je me remettrais forcément en question : qu'est-ce que j'ai raté ?
Alexandre a rencontré des épreuves dans sa vie, notamment à cause de son père autoritaire. Toutefois, rien n'excuse ce qu'il a fait. Son comportement durant le procès m'a dérangée car il était très autocentré et il ne se remettait jamais en question.

Les choses humaines est une œuvre profonde, d'une grande force et qui ne laisse pas indifférent. Karine Tuil nous confronte à nos propres jugements et nous incite à regarder notre société d'une autre manière.

mardi 12 janvier 2021

Cordélia - Alana et l'enfant vampire #PLIB2021

 


 Auteur : Cordélia
Editeur : Scrineo
Parution : 18 juin 2020
Pages : 224
EAN-13 : 978-2367408651



Alana en a marre. Ses parents et sa sœur sont encore partis gérer des conflits vampiriques sans elle !
Heureusement, sa meilleure copine Oli est là pour lui changer les idées : elle est persuadée que Joâo, le nouvel élève de leur classe, est un vampire ! Se pourrait-il qu'elle ait raison ? Et s'il leur révélait quelque chose d'encore plus terrible ?

Pour Alana, c'est l'occasion de prouver à sa famille qu'elle est capable de mener à bien une mission, malgré ses douleurs musculaires...




Il s'agit de ma première lecture de l'année mais aussi dans le cadre du PLIB 2021.
Je suis Cordélia depuis plusieurs années sur Booktube et ses réseaux sociaux. J'étais donc très intriguée de découvrir sa plume.

Je n'ai pas été déçue ! Ce fut une lecture jeunesse très agréable. L'intrigue est prenante et on dévore le livre tellement on a hâte de connaître la suite. J'ai apprécié découvrir l'univers créé par l'autrice. L'idée de médiateurs avec le monde des vampires est très bien trouvée et très bien traitée.

Cordélia a créé des personnages attachants et avec de la profondeur. Alana m'a rappelé mes années collège (période qui n'a rien de facile). J'ai beaucoup aimé le fait qu'elle se tourne vers les adultes (notamment sa grand-mère que j'ai adoré) en cas de besoin. C'est un message important pour la jeunesse.
A travers ses protagonistes, l'autrice arrive à évoquer des thèmes importants, avec bienveillance, que l'on voit trop peu en littérature jeunesse. Par exemple, la question du genre est évoquée avec Oli, qui ne sait s'iel se sent plutôt fille ou garçon. On parle également de handicap invisible avec les douleurs chroniques d'Alana qui n'ont aucun diagnostic et qui sont mal perçues par son entourage. Ce sont des thèmes traités avec intelligence.

Bien que cet ouvrage ait une fin, je garde espoir que Cordélia nous offrira de nouvelles aventures avec Alana et le monde des médiateurs chez les vampires.
Ce livre est à mettre entre toutes les mains !

 

 


#PLIB2021
#ISBN9782367408651
#ISBN:9782367408651

jeudi 31 décembre 2020

Alexandra Christo - Le Royaume assassiné



Auteur : Alexandra Christo
 Éditeur : De Saxus
Parution : 126 novembre 2020
Pages : 499
EAN-13 : 978-2378760670


La princesse Lira fait partie de la royauté des sirènes, et c'est la plus létale de tous. Elle possède le cœur de dix-sept princes dans sa collection et est vénérée à travers les mers. Jusqu'à ce qu'un coup du sort la force à tuer l'un des siens. Pour punir sa fille, la Reine des Mers transforme Lira en ce qu'elle hait le plus au monde : une humaine. Privée de sa voix, Lira a jusqu'au solstice d'hiver pour délivrer le cœur du Prince Elian de la Reine des Mers, au risque de rester humaine pour toujours.

L'océan est le seul lieu que le Prince Elian considère comme chez lui, même s'il est l'héritier du plus puissant royaume au monde. Chasser les sirènes est davantage pour lui qu'un répugnant passe-temps, c'est sa vocation. Lorsqu'il vient en aide à une femme sur le point de se noyer, elle se révèle être bien plus que son apparence ne le laisse supposer. Elle fait la promesse de l'aider à trouver le moyen de détruire les sirènes pour de bon. Mais peut-il lui faire confiance ? Et à combien de pactes Elian va-t-il devoir consentir pour éliminer le pire ennemi de l'humanité ?



La maison De Saxus a très bien réussi sa campagne de marketing (comme toujours) et m'a donné envie de lire sa nouvelle sortie : Le Royaume assassiné d'Alexandra Christo.
Toutefois, contrairement aux échos très enthousiastes que j'ai pu apercevoir (mais sans les lire en détail) sur les réseaux sociaux, j'ai commencé ma lecture en ayant le moins d'attente possible, de peur d'être déçue.

L'autrice nous offre une histoire bien loin du dessin animé tout mignon de Disney. Ici, pas de poissons qui dansent ou de crabe qui chante. Au contraire, on découvre un univers impitoyable où les sirènes arrachent littéralement le cœur des gens. Ce sont des créatures aussi attirantes que dangereuses et cruelles.

J'ai apprécié que l'intrigue se tienne en un unique tome car je n'avais pas envie de démarrer une énième saga. Toutefois, j'ai trouvé que le récit mettait un peu de temps à se mettre en place. Cela est principalement dû à la richesse de cet univers. Je ne considère pas cela comme un véritable défaut. A contrario, la fin était un peu précipitée à mon goût et j'aurais aimé en savoir plus sur l'après.

La romance n'est pas omniprésente dans le récit et c'est un aspect que j'ai apprécié. La relation entre les deux protagonistes évoluent au fil des pages, au fur et à mesure qu'ils apprennent à se connaître. Je préfère nettement cela au "love at first sight" que l'on peut retrouver dans certains ouvrages.

Bien que cela n'est pas été un coup de cœur, Le Royaume assassiné a été une très bonne lecture.
La mythologie créée pour cet univers est intéressante et bien exploitée.
Les protagonistes ont de la profondeur et on s'y attache facilement (même Lira qui me sortait par les yeux au début car elle me faisait penser à une enfant pourrie gâtée). Ils sont complémentaires et nous offrent une certaine harmonie dans cet univers.
Il s'agit là de ma dernière lecture de cette année 2020 et cela a été une bonne surprise. J'espère que 2021 sera sur le même ton que cette découverte.

Matthew Tobin Anderson et Joséphine Rioux - Sœurs d'Ys : La malédiction du royaume englouti

 


Auteur : Matthew Tobin Anderson
 Dessinatrice : Joséphine Rioux
Éditeur : Rue de Sèvres
Parution : 16 septembre 2020
Pages : 220
EAN-13 : 978-2810217403


Pour ériger les remparts qui protègent Ys des flots tumultueux, la reine Malgven a eu recours à la magie. Sa mort brutale et mystérieuse laisse ses deux fifilles inconsolables et les éloigne l’une de l’autre. Rozenn, héritière du trône, entre en communion avec la nature et s’apaise dans les landes ; Dahut, la cadette, se délecte de la vie fastueuse de la cour et se compromet dans ses intrigues. Mais derrière les murs immenses de la cité se cache un passé lourd de sombres secrets. Le jour où le lien entre les sœurs se rompt définitivement, elles entraînent dans leur chute le destin d’Ys, et les monstres tapis dans l’ombre surgissent alors en pleine lumière.



J'ai reçu cet ouvrage pour mon anniversaire et je l'avais repéré depuis sa sortie.

Les planches sont magnifiques. J'ai adoré retrouver les paysages de ma Bretagne (bretonne et fière de l'être !). Les décors participent à l'ambiance apportée par le récit. Le choix des couleurs rappelle l'automne et crée une ambivalence entre la beauté de l'environnement et cette angoisse sourde qui entourent ce royaume.

Les deux sœurs sont diamétralement opposées par leurs physiques, leurs personnalités et leurs ambitions. Néanmoins, je me suis étonnamment attachée aux deux, même si naturellement je me retrouve plus dans le personnage de Rozenn.


M. T. Anderson a réussi à conter la légende d'Ys tout en apportant une touche personnelle. Le récit est rempli de magie, de secrets et de péripéties.

Je conseille vivement la lecture de ce bel ouvrage qui revisite une légende celtique à la fois cruelle et envoûtante, le tout avec des illustrations tout simplement sublimes.

mercredi 30 décembre 2020

Orson Scott Card - Enchantement

 



Auteur : Orson Scott Card
 Éditeur : Points
Parution : 10 octobre 2013
Pages : 608
EAN-13 : 978-2757837450


Dans une clairière au cœur de la forêt ukrainienne, la vie du jeune Ivan bascule l'année de ses dix ans. Sur un piédestal repose une jeune fille endormie. Mais, dissimulée par le feuillage, une présence malveillante le guette... et l'enfant s'enfuit.

Des années plus tard, Ivan, qui s'est expatrié en Amérique avec ses parents, revient à Kiev poursuivre ses recherches sur les langues slaves anciennes. Il retourne aussi dans la forêt où gisait la belle endormie dont il n'a jamais oublié l'image. La clairière n'a pas changé. La jeune fille est là. Son mystérieux gardien aussi. Cette fois, Ivan ne s'enfuit pas. Cette fois, il embrasse la belle qui s'éveille à son baiser. Puis... il l'accompagne chez son père le roi de Taïna, dans l'Ukraine du neuvième siècle, où la sorcière Baba Yaga fait peser une terrible menace.



Lors du Bibliothon organisé par Bulledop, l'auteur Adrien Tomas a évoqué Enchantement comme l'une de ses références en matière de fantasy. Cela m'a intrigué et j'ai donc acquis cet ouvrage.

J'ai trouvé la mise en place de l'intrigue vraiment longue. Au fil des pages, je me demandais où l'auteur voulait en venir et quand l'action allait enfin se mettre en place. Par la suite, le rythme reste relativement lent et malheureusement, j'aurais aimé un peu plus de suspens ou d'action.

Néanmoins, j'ai apprécié cette réinterprétation du conte de la Belle au bois dormant et ce mélange entre passé et présent qui s'opposent via la religion, la science ou encore le statut de la femme dans la société.
L'alternance des points de vue nous permet d'avoir un horizon plus vaste du récit. J'ai, par exemple, aimé les chapitres dédiés à Baba Yaga.

Je ressors donc de cette lecture avec un avis en demi-teinte. Il y a quasiment autant de points positifs que négatifs. Je n'ai pas autant d'enthousiasme que ce à quoi je m'attendais avec ce roman.

lundi 28 décembre 2020

Hubert et Zanzim - Peau d'Homme



Auteur : Hubert
 Dessinateur : Zanzim
Éditeur : Glénat
Collection : 1000 Feuilles
Parution : 3 juin 2020
Pages : 160
EAN-13 : 978-2344010648



Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?

À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité… mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l’humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d’homme nous invite tant à la libération des mœurs qu’à la quête folle et ardente de l’amour.



Cette bande-dessinée est certainement l'un de mes plus gros coup de cœur de l'année 2020. J'en ai beaucoup parlé autour de moi, je l'ai fait lire à mon mari et ma mère qui ont beaucoup aimé et je l'ai même offerte à ma petite sœur pour son anniversaire.

Tout d'abord, j'aime particulièrement les œuvres de Hubert. J'ai déjà lu Beauté et les deux premiers tomes des Ogres-Dieux que j'avais beaucoup apprécié. C'est d'ailleurs avec une grande tristesse que j'ai appris son décès.
En revanche, je ne connaissais Zanzim que de nom et je n'ai jamais eu l'occasion de découvrir son travail.


J'ai adoré cette histoire. Elle allie parfaitement une profonde réflexion de la société et un humour subtil. On nous offre un questionnement sur la place de la femme, ses droits, son statut ou encore ses libertés. On y interroge également les relations entre les hommes et les femmes, la sexualité, la question du genre et la place de la religion.

Bianca est une figure que j'ai apprécié. Elle est tiraillée entre la femme qu'elle est réellement et l'homme qu'elle devient en revêtissant cette peau. Au fil des pages, on la voit évoluer et devenir une figure forte qui n'a pas peur de faire bouger les choses.

De ce fait, je ne peux que vous conseiller cette merveilleuse bande-dessinée. Elle est visuellement très belle et transmet d'importants messages.




samedi 26 décembre 2020

Thomas Wheeler - Cursed



Auteur : Thomas Wheeler
 Dessinateur : Frank Miller
Éditeur : Gallimard
Parution : 3 octobre 2019
Pages : 512
EAN-13 : 978-2075130172



Nimue a échappé au massacre de son village. Sa mère, avant de mourir, l'a chargée d'une mission : remettre l'épée du pouvoir à Merlin, le sorcier redoutable.

Accompagnée d'Arthur, faux chevalier menteur et séducteur, et de la dévouée Morgane, Nimue sent grandir en elle la magie noire et ancestrale de l'épée.

L'arme fait d'elle une combattant féroce, rebelle, et le seul espoir de son peuple : la Sorcière Sand-de-Loup. Mais Nimue n'est qu'à l'aube de son destin.



La proposition de Cursed en matière de réécriture des légendes arthuriennes m'a tout de suite intriguée. L'idée de centrer son récit autour de Nimue, un personnage féminin, a été un atout. De plus, l'engouement avec la sortie de son adaptation en série sur Netflix n'a fait qu'attiser mon intérêt.

Malheureusement, je ne ressors pas de ma lecture avec l'enthousiasme auquel je m'attendais.
J'ai trouvé que les personnages manquaient d'une manière générale de profondeur. Je ne m'y suis pas réellement attachée et je les ai regardé évoluer avec un certain détachement. Nimue est un personnage très ambivalent. Elle se voit confier une véritable puissance à double tranchant. Toutefois, elle reste une jeune fille naïve et en pleine découverte du monde. Ses choix ne lui sont pas véritablement propres car elle se laisse beaucoup influencer, notamment par Morgane et Gauvain. Au final, les seuls protagonistes auxquels je me suis un peu attachée sont le Moine Larmoyant et Ecureuil.

L'univers est plutôt bien travaillé mais pas encore assez approfondi à mon goût. L'ambiance est sombre et violente avec beaucoup de manipulations politiques.
L'auteur a réussi à rendre son œuvre très visuelle, ce qui a sûrement été un plus pour son adaptation.

N'ayant pas encore terminé cette dernière, je ne peux pas faire de comparaison avec l'œuvre originale. Cependant, j'ai déjà noté quelques différences, notamment concernant le traitement des personnages d'Arthur et de Morgane.

En bref, je m'attendais à mieux compte-tenu des échos enthousiasmants que j'avais eu. Toutefois, je laisserai sûrement sa chance à la suite de cette histoire.