samedi 29 août 2026

Freida McFadden - Le dîner

 

Auteur : Freida McFadden
Editeur : City
Parution : 1er juillet 2026
Pages : 272
EAN-13 : 978-2824624488


Vous êtes fauchée et vous risquez d'être expulsée de votre appartement. Alors quand une amie vous propose un job de serveuse lors d'un dîner chic dans un manoir totalement isolé, vous croyez rêver. Le salaire pour la soirée ? De quoi couvrir deux mois de loyer et vous remettre sur pied. C'est la chance de votre vie. Pourtant, une petite voix intérieure vous murmure que c'est trop beau pour être vrai.

Il y a forcément quelque chose de louche dans l'histoire... Peut-être devriez-vous refuser ? La décision vous appartient. Serez-vous assez prudente pour rester chez vous ? Accepterez-vous de faire monter cet auto-stoppeur étrange sur la route du manoir ? Tournerez-vous à gauche ou à droite à la bifurcation ?


Difficile de résister à un "livre dont vous êtes le héros" quand on cherche une lecture sans prise de tête pour un après-midi : c'est exactement ce que promettait ce texte de Freida McFadden et sur ce point précis, le contrat est plutôt rempli. Le concept, vingt-deux fins possibles à débusquer en changeant de choix à chaque bifurcation, fonctionne bien comme gadget de lecture : on tourne les pages, on revient en arrière, on recommence et ce petit jeu suffit à occuper une après-midi entière sans effort. J'ai fini par toutes les trouver, ce qui donne une idée du temps que j'y ai consacré et de la facilité avec laquelle on peut épuiser le dispositif.

Le problème, c'est que passé l'amusement de la mécanique, il ne reste presque rien. L'intrigue de base, une jeune femme fauchée qui accepte un poste de serveuse dans un manoir isolé pour un dîner qui sent le piège à plein nez, ne sert que de prétexte à empiler des embranchements. Chaque choix, prendre l'auto-stoppeur ou non, aller à droite ou à gauche, accepter ou refuser telle proposition, ouvre une branche qui se referme presque aussitôt sur une fin expéditive, souvent réduite à un twist ou une chute sans grande substance. On comprend vite que le texte n'a jamais eu l'ambition de développer une intrigue au sens classique : il s'agit d'un catalogue de scénarii courts, où le mystère du dîner et de ses hôtes reste à l'état d'esquisse, sans backstory consistante, sans motivation vraiment fouillée, sans indices distillés au fil du récit comme dans un vrai thriller. Le format impose sa loi et cette loi, c'est la vitesse : pas le temps d'installer une atmosphère, encore moins de faire monter une tension progressive, puisque chaque chemin doit se conclure en quelques pages. Le résultat ressemble davantage à un exercice de style, presque un jeu d'écriture pour l'autrice elle-même, qu'à une histoire pensée pour son propre intérêt narratif.
Dommage aussi que certains choix, ou certaines absences de choix, n'aient au final aucune incidence sur la suite : on croit peser sur le cours des événements et puis deux chemins censés diverger se rejoignent sans grande différence, ce qui affaiblit encore l'intérêt du dispositif.

Et puis il y a l'héroïne, qui m'a fait le même effet que celle de La Femme de ménage : ce mélange d'inconscience et de posture qui vire régulièrement à l'agacement, avec cette propension à ramener le moindre échange à une tension sexuelle que je supporte de moins en moins chez ce genre de protagoniste. Ce n'était sans doute pas la meilleure porte d'entrée pour retrouver McFadden après le premier tome de la saga mais au moins la déception aura été rapide et le prix de l'après-midi n'aura pas été très élevé.

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