Auteur : Taylor Jenkins Reid
Editeur : 10/18
Parution : 7 mai 2026
Pages : 456
EAN-13 : 978-2264088055
Pages : 456
EAN-13 : 978-2264088055
Lever les yeux vers les étoiles. C’est la raison d’être de Joan Goodwin depuis l’enfance. Aussi, à défaut de pouvoir les approcher, dans un monde où le métier d’astronaute est réservé aux hommes, elle est devenue astrophysicienne. Mais le jour où elle apprend que la NASA recrute des scientifiques, consciente des sacrifices qui s’annoncent, elle saisit sa chance. Elle aussi, elle ira dans l’espace. Animée par la passion et un amour dont elle n’aurait pu concevoir l’existence, elle poursuit inlassablement son rêve.
Ce matin de décembre 1984, quand Joan arrive au centre de contrôle à Houston, elle s’attend à vivre une journée comme les autres. Elle n’est ni anxieuse, ni terrifiée, ni dévastée. Pourtant, quelques heures plus tard, l’incident qui survient dans la navette spatiale fait basculer le destin des astronautes à bord comme celui de Joan, restée sur Terre.
Cette année encore, j'ai
retrouvé Taylor Jenkins Reid pour ma lecture de vacances d'été, un rendez-vous
que je me fixe depuis quelques années maintenant. Après Les sept maris
d'Evelyn Hugo, Daisy Jones & The Six, Les sirènes de Malibu
et Le(s) vrai(es) amour(s), c'est Atmosphère qui m'attendait
cette fois et j'avoue que j'étais curieuse de voir comment l'autrice allait se
réinventer une nouvelle fois, elle qui a l'habitude de changer complètement
d'univers d'un roman à l'autre.
Ici, exit Hollywood et la
scène musicale des seventies, place à la NASA du début des années 1980. On suit
Joan Goodwin, astrophysicienne, qui saisit l'occasion inespérée de rejoindre le
corps des astronautes le jour où l'agence spatiale ouvre enfin ses portes aux
femmes scientifiques. Le roman alterne entre son parcours de formation et un
matin de décembre 1984, où tout bascule lors d'un incident à bord de la
navette. J'ai trouvé cette construction en double temporalité efficace. Elle
installe une tension qui monte crescendo sans jamais tomber dans l'artifice et
j'ai suivi avec un vrai plaisir la manière dont l’autrice tisse patiemment les
liens entre ce qui se joue au sol et ce qui se joue dans l'espace.
Ce que j'ai particulièrement
aimé, c'est tout ce qui touche à la vie personnelle de Joan, en particulier sa
relation avec sa nièce Frances, pleine de tendresse et de non-dits, qui apporte
une dimension plus intime au récit et qui vient nuancer le côté très technique
des passages consacrés à l'entraînement des astronautes. La romance, elle
aussi, est amenée avec beaucoup de délicatesse, sans grandiloquence inutile, ce
qui rend les émotions d'autant plus fortes quand elles arrivent.
J'ai aussi été conquise par la
manière dont Taylor Jenkins Reid construit ses personnages secondaires, aussi
soignés et incarnés que Joan elle-même. Sans rien dévoiler de l'intrigue, je
peux dire que le petit groupe qui se forme autour d'elle au fil de sa formation
donne au roman des allures de found family particulièrement attachante,
chacun apportant sa propre histoire et ses propres failles. C'est sans doute ce
qui rend certains passages du roman aussi difficiles à lire qu'à lâcher : on
s'attache à ce groupe presque autant qu'à Joan et chaque lien tissé entre eux
ajoute une épaisseur supplémentaire au récit.
L'arrière-plan historique m'a
également beaucoup plu, en particulier tout ce qui touche à la place des femmes
dans un monde encore largement fermé à elles au début des années 1980. Voir
Joan et les autres scientifiques du roman se frayer un chemin dans un univers
pensé par et pour les hommes, avec tout ce que cela suppose de doutes, de
préjugés à déjouer et de légitimité à prouver sans cesse, donne au récit une
résonance particulière. C'est un fil que l’autrice tire avec beaucoup de
justesse, sans jamais le plaquer artificiellement sur l'intrigue, et qui m'a
rappelé à quel point la conquête spatiale a aussi été une conquête au féminin.
Je dois néanmoins être
honnête, je n'ai pas retrouvé d'emblée ce petit plus des Sirènes de Malibu,
qui reste pour moi la lecture la plus marquante de l'autrice. Cela dit, le
roman gagne en intensité et en émotion au fil des pages, au point de venir se
placer aux côtés des Sept maris d'Evelyn Hugo dans mon classement
personnel : difficile de départager les deux tant ils m'ont bouleversée chacun
à leur façon, même si Evelyn Hugo reste ma toute première rencontre avec la
plume de Taylor Jenkins Reid et garde à ce titre une place un peu particulière.
En résumé, Atmosphère
confirme que Taylor Jenkins Reid sait toucher juste quel que soit le décor
qu'elle choisit. Une lecture d'été qui s'installe sans mal dans mon Top 3 de
l'autrice et qui me laisse, comme chaque année, l'envie de découvrir ce que l’autrice
me réservera pour l'été prochain.


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